Il est difficile de penser au futur. Nombreux seront ceux qui diront qu’il s’annonce comme incertain, et ils n’auront pas tort. Nous savons grossièrement à quoi nous attendre, mais, je ne saches que nous n’avons pas encore de solutions quoi qu’en disent certains (ah le fameux moteur à hydrogène, comme si cela suffit pour tout régler). Nous savons donc quoi faire maintenant, nous savons donc à quoi employer notre temps maintenant: créer et inventer des solutions pour le futur. Les sujets sont nombreux et il est nécessaire de les travailler bien, avec rigueur et sérieux, ce qui ne veut pas forcément dire sans humour. L’enjeux est lui-même sérieux et il n’est point besoin de le rappeler ici.
Mais ce n’est pas tout. Il faut s’occuper de ces questions. Les solutions n’existent pas toutes faites. Il n’y a pas de rayon « solutions » dans les supermarchés. Les solutions ne sont pas des produits de consommation, c’est pourquoi nous pouvons tous y réfléchir. Il faut rappeler qu’il faut même se méfier des philosophiques solutions,et qu’il nous faut méditer la théorie de la solution.
En vrac:
S’abstenir de réfléchir sous prétexte que d’autres réfléchissent aux solutions n’est pas une solution, n’est pas une issue. C’est la leçon kantienne que nous pouvons trouver dans ce texte magnifique: « qu’est-ce que les lumières? ».
Il ne suffit pas de décider de vivre à la mode bio pour régler les problèmes dits environnementaux.
Il y a une sorte d’idéalisme dans cette façon qui consiste à penser que l’interdisciplinarité permet de régler les problèmes. Il faut beaucoup de travail solitaire. Les réunions sont souvent des pertes de temps. Il faut méditer cette déception liée à la vie collective et son travail.
Les vicissitudes de la recherche sont nombreuses: la déception évoquée ci-dessus, le découragement. Les obstacles aussi: le sentiment d’incompétence, le sentiment de compétence. Les distractions sont nombreuses: risque d’oublier que les problèmes n’ont pour l’heure aucune véritable solution. Il y a un véritable problème de la distraction en société du spectacle qui est aussi une société d’abruptissement.
Merde au stalinisme où qu’il soit.
Ne pas sous-estimer les petits et grands hasards, ne pas sous estimer le cerveau (voir la pansémiotique).
Opinion
Une pensée philosophique est une pensée qui a déjà élaboré une opinion. On pourrait caractériser l’opinion comme une pensée qui n’est pas élaborée, mais la philosophie, selon la non-philosophie n’en demeure pas moins une doxa (opinion en grec), doxa qui procède par décision.
La philosophie constitue donc un matériau qu’il s’agit d’élaborer. On pourrait partir d’une opinion non élaborée, mais il faut aussi connaître ses élaborations philosophiques pour les traiter ultérieurement.
Par moment, dans ces cahiers, il y a des opinions ( une sorte de philosophie commune pour ne pas dire vulgaire), mais ces opinions sont déjà en court de traitement. Elles ne constituent en rien mes propres opinions ou sont mes opinions que je transforme pour ne pas en rester là. C’est dire si il y a à faire, et que jamais, une fois pour toutes, le travail de la pensée ne sera bloqué.
Les problèmes politiques. Il faut les énoncer. Mais cela ne suffit pas. Encore faut-il que la manière dont ils sont énoncés soit satisfaisante. Reste à savoir quand leur énonciation l’est. Les candidats de toutes obédiences énoncent les problèmes en termes génériques avec des grandes catégories: problème de l’emploi, problème du logement, problème des vieux, problème des jeunes, problème de l’environnement etc. Plus rarement ils proposent une pensée qui permette l’intelligence de tous ces problèmes ensemble. Ils proposent des mesures ponctuelles à chacun de ces départements politiques et on devrait se demander qui a effectué ce découpage et comment ce découpage est possible.
Ils proposent des mesures, mais avant de proposer des mesures, comme par exemple, pour les vieux, créer de nouvelles maisons de retraites pour les vieux qui vont mal, pourraient-ils nous expliquer pourquoi les vieux vont mal. Ils nous diront que c’est peut-être dans l’ordre des choses d’aller mal et être vieux, mais cette explication simpliste ne me sied. Je me demande si à force d’être coupés du monde ils ne finissent pas par se sentir un peu seul, se sentant un peu seul finissent par angoisser, finissant par angoisser finissent par devenir malade. Pourquoi les vieux se retrouvent seuls? En voilà une vrai question politique. Plus pertinente à mon sens que celle-ci: comment parquer les vieux qui sont malades. Mais ce n’est pas suffisant. On ne peut se contenter de poser la question. Il faut certes répondre, mais pour cela il faudrait les interroger, le leur demander, ainsi de ce qu’ils pensent des maisons de retraite et des personnels médicaux, des familles qu’ils ont élevées et touti quanti.Et ceci n’est pas tout, ce n’est pas suffisant, il y aurait tant de choses à faire et à leur demander.
Il en va de même des questions liées à l’environnement: il y a des mesures qui sont proposées, par exemple réduire la consommation d’énergie ou réduire les déperditions d’énergie à l’intérieur des appartements, bref isoler. Il faut mieux isoler les bâtiments. Pour éviter de consommer trop d’énergie. Apparamment on s’arrête à la mesure qui est sensée nous sauver. Mais est-ce bien suffisant?
On peut évaluer les candidats à partir de cette question: quand s’arrêtent-ils? A quel moment ils estiment que leur raisonnement doit s’arrêter. Ils semblent trop souvent s’arrêter bien vite. “Assez pensé! Action". Il n’est pas étonnant qu’après l’action soit désastreuse.
Un faux coco est peut-être un vrai caca.
Croire au bonheur c’est penser que le bonheur existe et continuer de le poursuivre en tant que but. Ne pas croire au bonheur, c’est ne plus chercher à l’atteindre, c’est à dire à le vivre, à en vivre les affects. Dire que le bonheur n’est pas de ce Monde, c’est le situer ailleurs. Dire que le bonheur n’est pas de cette vie c’est le penser au delà ou en deça de cette vie. Nombreux sont ceux qui disent que le bonheur n’est pas de cette terre et qu’il ne s’agit ni plus ni moins que d’un moment ou de moments éphémères. Nous ne sommes pas tenus de les croire. Et croire n’est plus de notre goût. Les grecs disent eudaimon : référence à un bon démon. La philosophie, antique notamment propose un certain nombre de voies pour accéder au bonheur. Les religions proposent, imposent, aussi, souvent, des voies qui permettent d’y accéder. Bonheur, joie, félicité, extase, se rapprocher d’un état d’âme, d’un état de l’âme enfin libéré des tumultes de l’inconstance. Âme égale à elle-même. Harmonie avec la nature ainsi qu’avec le cosmos. Fuite des instincts. Unification avec la divinité… Il nous faut maintenant mettre au travail tout cela. Il nous faut mettre à l’épreuve ces pensées. Le bonheur a besoin d’autre chose que de notre crédulité. Il a besoin d’autre chose qu’une décision sur les principes. Il a besoin d’autre chose que notre suffisance. Il faut le prendre au sérieux. Ne plus simplement le laisser tel qu’il est traité par les communicants de toutes espèces justes aptes à inventer des slogans publicitaires.
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