L’animal politique est une figure de la philosophie, de la philosophie politique. La philosophie politique, pense, d’une certaine manière que l’homme peut faire l’objet d’une analyse. L’analyse de l’animal politique est une démarche qu’entreprend la philosophie politique. Elle étudie ainsi ce qui le compose, son animalité et sa “politicité". La combinaison de l’animalité et de la politicité donne cette figure humaine qu’est l’animal politique.
il existe un animal politique qui se prend pour objet de son analyse, c’est un philosophe. Il tente de savoir quel est l’être de cet étant qui a pour nom animal politique, animal politique qu’il est lui-même.
Que suis-je: un animal politique. Un animal politique est capable de se penser tel qu’il est, en tant qu’animal politique. Se connaître soi même c’est connaître son animalité et sa politicité. Je suis animal dans la cité, un animal de cité, un animal qui vit dans la cité et qui a la charge de la vie de la cité. Je suis aussi un animal rationnel, je me rationnalise et je rationnalise la cité. Je me rationnalise en sachant qui je suis vraiment, je rationnalise la cité en sachant ce que vraiment elle est. je rationnalise mes semblables qui sont et animaux, et politiques, et rationnels. Rationnels, c’est ce qu’ils doivent comme moi devenir. la rationnalité est susceptible d’émerger au moment où se rencontrent l’animalité et la politicité.
1. J’entends par GEC la Grande-Eglise de la Croissance.
2. La GEC est fondée autour du dogme de la croissance,dogme selon lequel la croissance c’est forcément bon, qu’il faut faire grimper le chiffre de Croissance.
3. Comme toute Grande église, la GEC a son Pape, ses cardinaux, ses abbés, leurs ouailles, ses inquisiteurs et ses hérétiques.
4. Comme toute grande église qui se respecte la Gec a ses conciles tenus chaque année.
5. Elle a aussi ses grands prophètes.
6. Le territoire de la Gec a pour nom Croissanté (Croix sans thé)
7. La gec a son Grand catéchisme: l’économie. Le catéchisme économique est enseigné dans toute la croissanté.
Il est difficile de penser au futur. Nombreux seront ceux qui diront qu’il s’annonce comme incertain, et ils n’auront pas tort. Nous savons grossièrement à quoi nous attendre, mais, je ne saches que nous n’avons pas encore de solutions quoi qu’en disent certains (ah le fameux moteur à hydrogène, comme si cela suffit pour tout régler). Nous savons donc quoi faire maintenant, nous savons donc à quoi employer notre temps maintenant: créer et inventer des solutions pour le futur. Les sujets sont nombreux et il est nécessaire de les travailler bien, avec rigueur et sérieux, ce qui ne veut pas forcément dire sans humour. L’enjeux est lui-même sérieux et il n’est point besoin de le rappeler ici.
Mais ce n’est pas tout. Il faut s’occuper de ces questions. Les solutions n’existent pas toutes faites. Il n’y a pas de rayon « solutions » dans les supermarchés. Les solutions ne sont pas des produits de consommation, c’est pourquoi nous pouvons tous y réfléchir. Il faut rappeler qu’il faut même se méfier des philosophiques solutions,et qu’il nous faut méditer la théorie de la solution.
En vrac:
S’abstenir de réfléchir sous prétexte que d’autres réfléchissent aux solutions n’est pas une solution, n’est pas une issue. C’est la leçon kantienne que nous pouvons trouver dans ce texte magnifique: « qu’est-ce que les lumières? ».
Il ne suffit pas de décider de vivre à la mode bio pour régler les problèmes dits environnementaux.
Il y a une sorte d’idéalisme dans cette façon qui consiste à penser que l’interdisciplinarité permet de régler les problèmes. Il faut beaucoup de travail solitaire. Les réunions sont souvent des pertes de temps. Il faut méditer cette déception liée à la vie collective et son travail.
Les vicissitudes de la recherche sont nombreuses: la déception évoquée ci-dessus, le découragement. Les obstacles aussi: le sentiment d’incompétence, le sentiment de compétence. Les distractions sont nombreuses: risque d’oublier que les problèmes n’ont pour l’heure aucune véritable solution. Il y a un véritable problème de la distraction en société du spectacle qui est aussi une société d’abruptissement.
Merde au stalinisme où qu’il soit.
Ne pas sous-estimer les petits et grands hasards, ne pas sous estimer le cerveau (voir la pansémiotique).
Opinion
Une pensée philosophique est une pensée qui a déjà élaboré une opinion. On pourrait caractériser l’opinion comme une pensée qui n’est pas élaborée, mais la philosophie, selon la non-philosophie n’en demeure pas moins une doxa (opinion en grec), doxa qui procède par décision.
La philosophie constitue donc un matériau qu’il s’agit d’élaborer. On pourrait partir d’une opinion non élaborée, mais il faut aussi connaître ses élaborations philosophiques pour les traiter ultérieurement.
Par moment, dans ces cahiers, il y a des opinions ( une sorte de philosophie commune pour ne pas dire vulgaire), mais ces opinions sont déjà en court de traitement. Elles ne constituent en rien mes propres opinions ou sont mes opinions que je transforme pour ne pas en rester là. C’est dire si il y a à faire, et que jamais, une fois pour toutes, le travail de la pensée ne sera bloqué.
Les problèmes politiques. Il faut les énoncer. Mais cela ne suffit pas. Encore faut-il que la manière dont ils sont énoncés soit satisfaisante. Reste à savoir quand leur énonciation l’est. Les candidats de toutes obédiences énoncent les problèmes en termes génériques avec des grandes catégories: problème de l’emploi, problème du logement, problème des vieux, problème des jeunes, problème de l’environnement etc. Plus rarement ils proposent une pensée qui permette l’intelligence de tous ces problèmes ensemble. Ils proposent des mesures ponctuelles à chacun de ces départements politiques et on devrait se demander qui a effectué ce découpage et comment ce découpage est possible.
Ils proposent des mesures, mais avant de proposer des mesures, comme par exemple, pour les vieux, créer de nouvelles maisons de retraites pour les vieux qui vont mal, pourraient-ils nous expliquer pourquoi les vieux vont mal. Ils nous diront que c’est peut-être dans l’ordre des choses d’aller mal et être vieux, mais cette explication simpliste ne me sied. Je me demande si à force d’être coupés du monde ils ne finissent pas par se sentir un peu seul, se sentant un peu seul finissent par angoisser, finissant par angoisser finissent par devenir malade. Pourquoi les vieux se retrouvent seuls? En voilà une vrai question politique. Plus pertinente à mon sens que celle-ci: comment parquer les vieux qui sont malades. Mais ce n’est pas suffisant. On ne peut se contenter de poser la question. Il faut certes répondre, mais pour cela il faudrait les interroger, le leur demander, ainsi de ce qu’ils pensent des maisons de retraite et des personnels médicaux, des familles qu’ils ont élevées et touti quanti.Et ceci n’est pas tout, ce n’est pas suffisant, il y aurait tant de choses à faire et à leur demander.
Il en va de même des questions liées à l’environnement: il y a des mesures qui sont proposées, par exemple réduire la consommation d’énergie ou réduire les déperditions d’énergie à l’intérieur des appartements, bref isoler. Il faut mieux isoler les bâtiments. Pour éviter de consommer trop d’énergie. Apparamment on s’arrête à la mesure qui est sensée nous sauver. Mais est-ce bien suffisant?
On peut évaluer les candidats à partir de cette question: quand s’arrêtent-ils? A quel moment ils estiment que leur raisonnement doit s’arrêter. Ils semblent trop souvent s’arrêter bien vite. “Assez pensé! Action". Il n’est pas étonnant qu’après l’action soit désastreuse.
Un faux coco est peut-être un vrai caca.
Croire au bonheur c’est penser que le bonheur existe et continuer de le poursuivre en tant que but. Ne pas croire au bonheur, c’est ne plus chercher à l’atteindre, c’est à dire à le vivre, à en vivre les affects. Dire que le bonheur n’est pas de ce Monde, c’est le situer ailleurs. Dire que le bonheur n’est pas de cette vie c’est le penser au delà ou en deça de cette vie. Nombreux sont ceux qui disent que le bonheur n’est pas de cette terre et qu’il ne s’agit ni plus ni moins que d’un moment ou de moments éphémères. Nous ne sommes pas tenus de les croire. Et croire n’est plus de notre goût. Les grecs disent eudaimon : référence à un bon démon. La philosophie, antique notamment propose un certain nombre de voies pour accéder au bonheur. Les religions proposent, imposent, aussi, souvent, des voies qui permettent d’y accéder. Bonheur, joie, félicité, extase, se rapprocher d’un état d’âme, d’un état de l’âme enfin libéré des tumultes de l’inconstance. Âme égale à elle-même. Harmonie avec la nature ainsi qu’avec le cosmos. Fuite des instincts. Unification avec la divinité… Il nous faut maintenant mettre au travail tout cela. Il nous faut mettre à l’épreuve ces pensées. Le bonheur a besoin d’autre chose que de notre crédulité. Il a besoin d’autre chose qu’une décision sur les principes. Il a besoin d’autre chose que notre suffisance. Il faut le prendre au sérieux. Ne plus simplement le laisser tel qu’il est traité par les communicants de toutes espèces justes aptes à inventer des slogans publicitaires.
1. Il y a un usage démocratique de la pensée-Monde qui est un usage non-philosophique.
a. L’usage démocratique de la pensée-Monde a pour dernière instance l’homme qui le détermine. Dit autrement : le réel détermine en dernière instance un usage démocratique de la pensée-Monde, plus particulièrement un usage démocratique de la politique-Monde.
b. Cet usage démocratique de la politique-Monde et de la pensée-Monde dit explicitement qu’il est déterminé en dernière instance par un réel que cette théorie n’hallucine plus.
c. La dernière instance n’est pas un privilège des non-philosophes.
2. Il y a un usage anti-démocratique de la pensée-Monde qui est un usage philosophique.
a. L’usage anti-démocratique de la politique-Monde commence par une hallucination du Réel.
b. Le sujet de cette opération commence par estimer qu’il a accès privilégié au réel mais en même temps se garde bien de le dire. Pire, il n’aperçoit pas ce geste qu’il pratique.
c. Il ne dira jamais que l’usage de philosophie qu’il pratique est déterminé en dernière instance.
d. Il sera enclin à penser que ceux qui parlent de dernière instance se pensent être les seuls détenteurs de cette dernière instance, ce qui est une erreur.
e. Il n’est pas possible de penser en même temps dernière instance et détenteur privilégiés d’icelle.
f. Il n’y a pas de détenteur privilégié d’icelle.`
g. La raison est un privilège que s’octroient les philosophes, ceux qui usent de manière philosophique de la politique-Monde. Et cela nécessairement.
3. Celui qui fait usage philosophique de la pensée-Monde s’octroie des privilèges.
a. Cette manière de s’octroyer des privilèges est subtile, voilà pourquoi ce sujet ne l’aperçoit pas. Il n’aperçoit pas les subtiles opérations d’octroi qu’il pratique. En quoi consiste son hallucination.
b. Nous le faisons tous. Nous nous octroyons des privilèges dans notre usage de la pensée-monde et nous ne voulons pas l’admettre tant que nous n’avons pas aperçu chez nous ce geste subtile.
c. Il nous faut user autrement de la philosophie, de la politique-philosophique, de la philosophie politique.
d. C’est aussi pourquoi il ne faut surtout plus faire un usage spontanément philosophique de tolérance, de ce philosophème.
e. Démocratie et tolérance vont ensemble. Les décisions philosophiques disent que la démocratie implique la tolérance, tout au moins une certaine tolérance. Mais les décisions philosophiques quantifient la tolérance et parlent assez facilement de seuil. Qui dit seuil dit quantification de la tolérance.
f. On comptabilisera bientôt la tolérance des sujets.
g. Le tolérant est démocrate. Le démocrate est tolérant. L’anti-démocrate tolérant tolère les démocrates. Les démocrates sont tolérés. Les démocrates sont rares.
h. Philosophes, nous résistons à la démocratie.
4. Le réaliciste pense guetter le réel plutôt qu’un autre, mieux qu’un autre, il pense scruter le réel, fouiller dans le réel mieux qu’un autre, expérimenter le réel mieux qu’un autre, c’est son racisme, et il est subtile sont racisme
a. Le réaliciste pense être de la race de ceux qui scrutent le réel mieux que les autres, il n’entend pas la notion de dernière instance.
5. Le Réel ne se scrute pas, ne se fouille pas, ne se piste pas, ne se contemple pas.
a. Le Réel ne se scrute pas lui-même, ne se fouille pas lui-même, ne se retourne pas sur soi, ne s’enveloppe pas non plus sur lui-même, il ne fait pas de plis.
b. Il y a plus de vraisemblance à dire que c’est la philosophie qui se plie, qui se fouille elle-même, qui s’enveloppe, qui se hiérarchise.
c. Il nous faut une analytique transcendantale de la décision philosophique plutôt que de l’homme.
d. L’homme ne s’analyse pas - ni ne s’analyse lui-même. Ce qui ne nous empêche pas de faire de l’analytique-fiction.
Opinion-publique comme philosophème
Voilà un vocable en vogue dans la politique-Monde. Un vocable qu’il convient de traiter. Ce traitement est une sorte de manipulation. C’est la manipulation théorique de manipulation-d’opinion-publique. Autant encore préciser ici que nous pratiquons la philo-fiction. Ce sera une pensée en court de traitement. Ce traitement ne prétend à aucune exhaustivité, naturellement.
1.Il y en a pour qui: opinion publique=peuple. Penser que peuple est un étant qui est manipulable. Manipuler opinion publique=manipuler le peuple lui-même. Le peuple entendu comme conglomérat d’opinions diverses et variées à la limite du fouillis, qu’il convient de manipuler avec doigté. Le peuple, c’est de l’opinion. Trépaner le peuple: lui extraire certaines opinions. Lui bourrer le crâne de formules à l’emporte pièce. Telles sont les opérations de cette chirurgie doxique/toxique.
2.Traitement du il y en a pour qui. Il y en a dans la société pour qui. Introduire une opinion et ses tenants, les tenants de cette opinion. Qui sont ces gens dans la société pour qui le peuple ça se manipule puisqu’il opine le peuple. Le malheur c’est que le peuple opine du chef. Il faut penser que le peuple opine pour le sonder, pour faire des sondages et que ces sondages d’opinions reflètent les opinions du peuple, de tout le peuple. Il faut penser en plus que cela se décompte, des opinions. Il faut penser beaucoup de chose pour en faire un rendu et dire que c’est du fidèle à l’opinion de peuple. Ce que pense peuple je vais vous le dire grâce à ma fabuleuse méthode de sondage. Mais pourquoi dire au peuple ce qu’il sait déjà où ce que prétenduement il est sensé savoir de l’avoir opiné lui-même. Le peuple s’en fiche de savoir ce qu’il opine. Lui dire: le peuple pense en majorité que…. mais il le sait déjà…
3.Opinion publique implique la notion de peuple. Cela est corrélatif de la notion de peuple. Cela, dans ce discours, est agencé avec peuple. Peuple et opiumnon. Opinion du peuple. La peuplade pense. Peuple: notion surdéterminée philosophiquement. Le peuple de la politique-monde est un animal surdéterminé. Il y a des décisions philosophiques à propos du philosophème peuple. Peuple, dans ces décisions peut être mis en rapport avec opinion. Un peuple, ça opine. L’opinion ça se manipule. Donc le peuple ça se manipule. Voilà un jugement philosophique susceptible d’être obtenu à partir de la combinaison des termes. Quant à connaître l’élément ou l’opérateur de la manipulation, les décisions philosophiques sont nombreuses et invoquent des personnages conceptuels genre le dictateur.
4.Tout cela ne sont que formules en vrac qu’il conviendra de développer plus avant.
Il y a une conjoncture de l’assistance, avec notamment le thème juridique de la non-assistance à personnes en danger, dont ne se seraient avérées coupables que quelques milliers de personnes ( je ne connais pas les statistiques sur le sujet). Suivant cette conjoncture, nous pourrions très bien dire qu’une société s’est entièrement rendue coupable de non-assistance à personnes en danger. Ce serait une chose qu’il serait possible de dire. Ce serait une parole de constat ou de dénonciation. Mais bien évidemment, cela ne serait pas suffisant. Il ne serait pas suffisant de dire cela. Reste la question de savoir quand cela est suffisant. Plus exactement, quand, concernant cette conjoncture, la conjoncture de l’assistance estime suffisant de penser ce qu’elle pense. Quand elle semble dire : nous en avons assez dit sur le sujet, la discussion est clause. Pour être précis : nous pouvons chercher dans le discours sur l’assistance et les théories philosophiques traitant de ce thème, le point où elles s’arrêtent. Et en plus précis : nous ne voulons pas faire usage de la conjoncture de manière naïve et spontanée. La non-philosophie nous apprend que l’usage de la philosophie, donc aussi de la conjoncture de l’assistance, leur usage naïf et spontané sont nécessairement des usages autoritaires.
Liste de questions en vrac (qui sont celles que pose la conjoncture et auxquelles elle pense très souvent pouvoir répondre).
Qui est la personne en danger ? Qui dit que la personne en danger mérite d’être assistée plutôt qu’une personne qui n’est pas en danger ? Quand une personne est-elle vraiment en danger ? Qui décidera de l’intervention adéquate ? Qui intervient ? Qu’est-ce qu’une intervention ? Quelle est la décision d’intervention ? Qui assiste ? Comment assister ? Qu’est-ce qu’une assistance en danger ? Qui se met en danger ? Qui va droit au danger ? Pourquoi y-a-t-il du danger plutôt que rien ? Qui met en danger les personnes ? Qui met en danger l’intégrité des personnes ? Qui sort du danger les personnes ? Est-il rentable de mettre en danger les personnes ? Est-il rentable de sortir du danger les personnes ?
Deux remarques :
· Il faut exacerber le questionnaire quitte à poser les questions les plus acerbes.
· Il ne faut plus se sentir obligé de répondre dans l’élément de croyance que contractent ces questions. Comment nous nous faisons avoir.
· Dernière remarque : cela ne nous empêche pas de répondre, et d’examiner les réponses.