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13.08.07

Permalink 12:34:52, par Létoffé Sylvain Email , 1534 mots, 89 vues   French (FR)
Catégories: Fragments métaphysiques et agonistiques, Conjoncture, journal 2007-2008

la réalité

Philo-fiction…

I. On peut transformer la réalité. On peut s’entendre sur la transformation à apporter de la réalité à apporter à la réalité. Cette transformation de la réalité à apporter à la réalité n’est peut-être pas celle que l’on croit, celle à laquelle nous croyons illusoirement.
II. Nous prenons nos pensées, nos constructions mentales pour la réalité, si bien que nous ne percevons plus la réalité, nous ne la voyons plus, nous ne la pensons plus, nous y sommes indifférent, nous ne la comprenons plus. Nous proposons un slogan : retour à la réalité. Le retour à la réalité, c’est imposer à celle qui a la charge de la penser, de s’y réintéresser, plutôt que la nier, plutôt que l’halluciner, plutôt que la déformer, plutôt que chercher à nous faire passer des vessies pour des lanternes. Le retour à la réalité, c’est en un mot, penser. Et c’est imposer d’abord à la pensée et avant tout à elle plutôt qu’aux autres-pensées cette tâche.
III. Cette réalité est désagréable à regarder, est désagréable à penser, est désagréable. Peut-être nous trouverons nous malade à regarder de trop près cette réalité. Cette réalité est toxique. Mais peut-être est-il nécessaire de vivre avec cela plutôt que le nier, et cela avec quoi il faut vivre, plutôt que chercher à l’occulter. La réalité, c’est l’occultation de la réalité, cette façon de ne point l’accepter, cette façon de chercher à créer des paradis artificiels. Cette réalité, c’est notre poisse. Nous sommes dans la poisse, et on cherche en même temps à nous dire que tout va bien, ce qui est faux. La réalité c’est que contrairement à ce qu’on dit c’est que ça ne peut indéfiniment continuer comme ça.
IV. Cela s’arrêtera un jour. Ça ne durera pas. On ne peut plus se leurrer. On ne peut plus croire que cela, cette réalité durera indéfiniment. Vouloir qu’elle dure…qui le veut ? Qui veut que dure cette dure réalité? Qui désire que cette dure réalité dure, ceux pour qui la réalité n’est pas dure?
V. On peut désirer que cette dure réalité ne dure plus longtemps, elle ne disparaît pas pour autant comme ça. Et c’est aussi à trop vouloir la faire disparaître qu’elle devient encore plus dure.

I. La réalité, il y a des gens qui paraît-il s’en occupe.
II. On ne nie pas impunément la réalité.
III. La réalité est niée. Il faut s’occuper de la réalité.

I. Normalement, travailler c’est traiter la réalité.
II. Maintenant, travailler ne signifie plus traiter la réalité. Travailler signifie oublier la réalité.
III. On n’oublie pas impunément la réalité.

I. On s’est arrangé pour que le travail ne traite plus la réalité, sous prétexte de travailler, et avec toute la bonne conscience que cela apportait, on s’est contenté d’oublier la réalité.
II. On nous fait croire que quelqu’un s’occupait de la réalité. On nous fait croire que les hommes politiques traitent la réalité, mais elle ne serait pas devenu ce qu’elle est devenu s’ils avaient traité la réalité.
III. La vérité, c’est que plus personne ne veut traiter la réalité, ne veut se donner la peine de la traiter, car la réalité est toxique, et de plus en plus chaque jour.
IV. La vérité, c’est qu’il y a du travail pour tous eu égard à la réalité. La vérité, c’est que lorsqu’on s’occupe de la réalité on n’a pas de travail. Il est devenu interdit de s’occuper de la réalité. Il a toujours été dangereux de le faire dans une société qui ne voulait pas la voir, qui ne voulait pas penser, qui s’est si obstinément interdit de penser et de s’occuper de la réalité. Travailler à l’heure actuelle, cela signifie traiter tout sauf la réalité.
V. Prendre en compte la réalité, c’est prendre en compte l’hallucination massive de cette réalité qui est une réalité.
VI. On nous interdit implicitement de nous occuper de la réalité.
VII. On préfère nous voir nous occuper du foot, de la télévision, du marché et des capitaux, de ne pas nous en occuper en bavardant sans cesse. En tant que les sujets ne se sont plus intéressés à la réalité, ils étaient des irresponsables, société légère d’irresponsables. Le retour de la réalité, c’est être remis face à ses responsabilités. Chacun sera mis en face de ses responsabilités.
VIII. Travailler c’est traiter la réalité. Une activité qui ne traite pas la réalité n’est pas un travail. La vérité, c’est que ne plus traiter la réalité est devenu un travail.
IX. Nous ne traitions plus la réalité, nous ne traitions plus des problèmes réels.
X. La vérité de la réalité n’est pas donnée. La vérité nécessite de penser.
XI. On a fait comme si la vérité de la réalité était donnée, voilà pourquoi nous ne nous en occupions plus, voilà pourquoi nous ne traitions pas la réalité.
XII. La réalité doit être pensée. Non hallucinée. Celui qui décide de ne plus penser décide de mourir. La société et ses mots d’ordres étaient des décisions mortifères. Celui qui dit qu’au lieu de penser il faut agir ne sait pas encore que penser est déjà agir. Celui qui dit qu’au lieu de penser il faut agir agit pour que les gens ne pensent pas…à la réalité. Il œuvre explicitement pour qu’on ne traite pas des problèmes, pour qu’on continue l’ancien manège morbide. Il ne sait pas ce qu’il fait. Le problème, c’est lorsque des gens qui ne savent pas ce qu’il font gouvernent les autres. C’est un gros problème… au moins dans un premier temps. Des gens qui ne savent pas ce qu’ils font prétendent dire ce qu’il convient de faire aux autres. Ne pensez pas, agissez…. Travaillez mécaniquement, ne vous en faîtes pas, on s’occupe de tout, tout va bien se passer. Or il est manifeste que les choses ne se passent pas comme ils disaient qu’elles allaient se passer. Ils vont tout de m^me continuer de dire, hallucinant la réalité, voyez comme ça se passe bien, alors que la vérité c’est l’enfer, ils useront de tous les artifices pour faire passer la pilule, mais arrive un moment où la pilule ne passe plus. Nous arrivons à ce moment. La réalité est trop de la chiotte. De la chiotte de chiotte, de la superchiotte…jusqu’au coup. Et cela fait longtemps que ça dure. C’est cette odeur de chiotte qui rend malade. Sentez…vous verrez…ça ne sent pas bon. Ils pensent qu’en mettant un peu de brise sous vide l’odeur sera dissimulée. Ils cherchent à dissimuler l’odeur de chiotte de la réalité plutôt que d’évacuer ce qui pue. La vérité c’est peut-être que la chasse d’eau ne marche plus et qu’il ne savent pas comment la réparer. Ils n’ont pas la compétence pour s’occuper de la chiotte’réality, se content de verser des tonnes et des tonnes de canard. Mais la coupe est bientôt pleine….
XIII. La vérité c’était la chiotte-réality… Ils n’avaient pas l’air de se figurer qu’il y allaient….ils étaient content de gouvernallier, de montrer qu’ils gouvernaillent, parcequ’ils se figuraient qu’ils gouvernailleraient indéfiniment, pourtant ce qu’ils doivent affronter ce n’est pas une affaire de gouvernaillement, c’est la chiotte-réality. Cela s’appelle le retour à la réalité.
XIV. Pour s’occuper de la chiotte réality il y a du travail pour tous. Pour cette tâche, il n’y a pas de chômage. Vis-à-vie de cette tâche, le chômage est une bizarerie. Mais le problème, dans cette chiotte réality, c’est que cette tâche n’est pas rémunérée.

A. La pensée traite la réalité.
B. La force de pensée unilatéralise la pensée-réalité.

Problème ultérieur: penser séparés l’homme et la pensée. Ne plus les mélanger, ne plus les mixer. Séparés sans séparation l’homme et la pensée…. penser selon le séparé sans séparation….

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