Les tyrannies se maintiennent par deux moyens contraires, dont l’un, traditionnel, est utilisé par la plupart des tyrans dans leur gouvernement. On attribue à Périandre, de Corinthe, un grand nombre de ces procédés ; on en trouve aussi beaucoup dans le gouvernement des Perses.
Ces moyens employés pour maintenir autant qu’il est possible la tyrannie, c’est de couper tous ceux qui dépassent et de faire périr les hommes généreux, de ne permettre ni les repas en commun, ni les associations d’amis, ni l’éducation, ni rien de pareil ; de se garder, au contraire, de tout ce qui est propre à faire naître la générosité et la confiance, c’est-à-dire de ne souffrir ni études libérales, ni réunions d’études, et de tout faire pour que les gens soient le plus possible inconnus les uns aux autres.
Il faut tâcher de ne rien ignorer de ce qui se dit ou se fait chez les sujets, mais d’avoir des espions, comme étaient à Syracuse celles qu’on appelait « Rapporteuses », et ces gens que Hiéron envoyait aux écoutes partout où il y avait une réunion ou une assemblée ( car on parle avec moins de liberté quand on craint de tels gens, et si l’on se permet de parler, cela se sait).
Il faut semer la discorde, brouiller les amis avec les amis, le peuple avec les notables, les riches les uns avec les autres.
Appauvrir les sujets est aussi la ressource de la tyrannie, afin de pourvoir aux besoins de la garde et afin que les citoyens, occupés à gagner leur vie au jour le jour, n’aient pas le loisir de conspirer. Exemples : les pyramides d’Egypte, les offrandes des Cypsélides, la construction du temple de Jupiter olympien par les Pisistratides, et les grands travaux de Polycrate à Samos (toutes choses qui ont la même efficacité : l’occupation et l’appauvrissement des sujets). Il y a aussi les impôts, comme à Syracuse (sous Denys, dans l’espace de cinq ans, la valeur totale des propriétés entra dans le Trésor).
Le tyran est aussi porté à faire la guerre, afin que les sujets n’aient pas de loisirs, et sentent toute leur vie le besoin d’un chef.
Le monarque peut se maintenir par l’affection de ses amis ; mais le propre de la tyrannie est de se défier avant tout des amis : le tyran sait que tous veulent le perdre, mais que ses amis surtout en ont le pouvoir.
La tyrannie se propose trois buts :
Premièrement dégrader les âmes des sujets ( car une âme basse ne saurait conspirer).
Deuxièmement, semer le défiance parmi les sujets (car la tyrannie ne peut être renversée tant qu’il ne se trouve pas des gens qui aient confiance les uns dans les autres. Voilà pourquoi les tyrans sont en guerre contre les honêtes gens, comme nuisibles à leur autorité : non seulement les honnêtes gens ne veulent pas être gouvernés despotiquement, mais encore ils ont confiance en eux-mêmes et en inspirent aux autres, et ils sont incapables tant de se dénoncer eux-mêmes que de dénoncer les autres).
Troisièmement, l’impuissance à agir (car nul n’entreprend l’impossible ; et, par conséquent, on n’entreprend pas non plus de renverser la tyrannie quand on n’en a pas le pouvoir).
Tels sont les trois buts où visent les desseins des tyrans. Car on peut ramener à ces trois principes les procédés de la tyrannie : pas de confiance entre les citoyens, pas de pouvoir, et l’âme basse.
La comédie du Bon tyran.
L’autre système emploie des procédés presque contraires à ceux qu’on vient de dire. On peut le tirer du mode de corruption de la royauté : car de même qu’un moyen de la corrompre est de rendre l’autorité plus tyrannique, de même le moyen de maintenir la tyrannie, c’est la rendre plus royale, en conservant une seule chose, la puissance, afin de commander aux citoyens non seulement s’ils y consentent, mais malgré eux- car renoncer à ce point, c’est renoncer à la tyrannie ; mais il faut que cela subsiste comme base. Quant au reste, le tyran doit faire certaines choses, paraître en faire certaines autres, en jouant au mieux la comédie de la royauté.
Premièrement, il doit paraître prendre à cœur les intérêts publics, et ne point dépenser pour ces dons qui irritent la multitude, lorsqu’elle voit que l’on s’empare du maigre produit de ses travaux et de sa peine, et qu’on le donne sans compter à des courtisanes, à des étrangers et à des artistes. Qu’il rend compte de ce qui a été reçu et dépensé, comme l’on fait certains tyrans (en administrant ainsi, on paraîtra plutôt être l’économe que le tyran du peuple ; quand à manquer d’argent, aucune crainte à avoir, puisqu’on est maître de l’Etat.
Il doit prendre un air, non pas sévère, mais grave, tel qu’on ressente en sa présence non de la peur, mais du respect ; inspirer du respect, à vrai dire, ce n’est pas facile pour un homme méprisable ; c’est pourquoi il faut, quand m^me on négligerait les autres vertus, s’appliquer du moins à la vertu guerrière et s’en donner la réputation.
Il faut encore qu’on ne le voie jamais, ni lui, ni non plus quelqu’un de son entourage, faire outrage à l’un de ses sujets, garçon où fille ; il faut aussi que les femmes qui lui appartiennent se conduisent de la même façon que les autres, car un grand nombre de tyrannies ont été renversées pour des outrages de femmes.
Aristote, Politique, livre V, chapitre 9.
Pour que l’Homme se tienne droit
La déclaration des droits de l’Homme
Ou la déclaration des hommes droits
Dit que l’Homme est naturellement crucifié.
La crucifixion est une double opération
Horizontale/verticale
Pour que l’Homme
Soit droit.
Pour redresser un homme il faut le crucifier disent les hommes droits dans la déclaration des droits de l’Homme. Car ils pensent que l’Homme, tout seul, ne tient pas debout, ne se tient pas droit.
Une maison de redressement est un centre de remise en croix.
La crucifixion étant un remède barbare, il faut la faire proprement.
Une déclaration maintenant suffit.
Pour mettre fin à cela, il faudrait écrire une déclaration du droit des humains.
Peut-être commencerait-elle… par dire que les humains ont le droit de ne pas être crucifiés.
Physiquement/mentalement, en physiques et en mentaux.
La crucifixion est une opération qui consiste à penser qu’est Réelle la division de l’Identité.
La crucifixion est permise au nom de l’opinion fort répandue selon laquelle l’identité est divisée.
Le schizophrène (LE dit MALADE dit(visé) MENTAL) est le personnage conceptuel du XXième siècle : génération crucifiée.
La schizo-analyse est une analyse de la crucifixion. Elle dit que « plus capitaliste que le capitaliste, plus prolétaire que le prolétaire, le schizophrène est l’ange exterminateur du capitalisme ( au sens où il abolit la division/crucifixion capitaliste du capitaliste et du prolétaire).
La micropolitique (mille-plateaux) ..est la politique de décrucifixion donc de résurrection (la percée schizophrénique)… ligne de fuite (et de guérison).
Notre croix/ schize : sujets, nous sommes des prolétaires-capitalistes : autrement dit comme dit l’autre sommes un troupeau d’oie votant pour le foie gras.
La schizo-analyse est l’analyse de la trinité oedipienne : papa/maman/moi
Biblio: Erik Del Bufalo: Deleuze et Laruelle,de la schizo-analyse à la non-philosophie, Kimé.
Les droits de l’Homme sont la liberté, la propriété, la sûreté, et la résistance à l’oppression…mais tout citoyen appelé ou saisi en vertu de la Loi doit obéir à l’instant : il se rend coupable par la résistance.
I. L’Homme a quatre droits selon la déclaration des droits de l’Homme.
II. Un des droits de l’Homme est le droit à la résistance à l’oppression…
III. Ce droit de l’Homme est le quatrième et dernier droit de l’Homme.
L’Homme a droit de résister à l’oppression mais un citoyen peut se rendre coupable par la résistance car il doit obéir à la Loi quand il est saisi ou appelé en vertu d’elle.
Reprise : l’Homme a le droit naturel de résister à l’oppression. Le citoyen n’a pas le droit de résister à la Loi. Le citoyen est un Homme qui en tant qu’Homme a le droit naturel de résister à l’oppression et qui en tant que citoyen n’a pas le droit de résister à la Loi. Le citoyen est un schizo : il est Homme et citoyen. L’individu des droits de l’Homme est divisé en Homme et citoyen. Tantôt Homme, tantôt citoyen, tantôt français, tantôt représentant du peuple français, tantôt étranger, tantôt…. Son identité fluctue dans le Temps. Il faudrait préciser : Tout le temps qu’il fluctue il demeure l’Homme, ce qui ne l’empêche pas selon la déclaration d’être tantôt citoyen, tantôt représentant. Il a donc une double identité : une identité permanente et une identité provisoire. Dire qu’il y a double identité est un dire philosophique. Son identité est donc doublement divisée : Il est divisé verticalement en Homme et homme, il est divisé horizontalement en citoyen…représentant du peuple français. Bref, il est crucifié. La déclaration des droits de l’Homme et du citoyen est donc une déclaration de division de l’Homme et du citoyen, elle est une crucifixion des sujets.
Elle répond donc au problème de la nuisance de l’Homme par la crucifixion
Bibliographie : Laruelle, Le Christ Futur, sens et Tonka.
Deleuze et Guattari: Mille Plateaux.
Variation sur la déclaration des droits de l’homme II
Le but de toute association politique est la conservation des droits naturels et imprescriptibles de l’Homme. Les hommes s’associent politiquement pour conserver les droits naturels et imprescriptibles de l’Homme. Les hommes s’associent politiquement pour conserver l’Homme, car qui conserve ses droits imprescriptibles et naturels conserve l’Homme. Les Hommes conservant l’Homme se conservent car ils en sont tous. L’Homme a donc besoin d’être conservé. Il faut que la loi le conserve sans quoi il risque de périr. L’homme est par conséquent un être périssable. L’Homme est un être périssable que les hommes peuvent conserver en conservant les droits naturels et imprescriptibles de l’Homme. En le conservant, en conservant l’Homme, ils doivent par conséquent nécessairement réussir à se conserver, eux les Hommes. Ils se conservent par les droits de l’Homme les hommes. Ils se conservent en s’associant politiquement et étant associés en déclarant les droits de l’Homme, et en conservant les droits qu’ils ont déclarés être ceux de l’Homme, être ceux de l’être humain.
I.Définition de l’être humain : l’être humain est un être qui a naturellement des droits. L’être humain est un être dont la Nature lui a donné des droits, les droits naturels de l’homme. De quelle manière la Nature lui a-t-elle donné des droits ? La réponse est dans la théorie du droit naturel.
Pour définir l’être humain, la pensée doit penser l’humain en son être, la pensée doit penser l’être de l’homme, elle doit penser ce qu’il est réellement. La pensée qui définit l’être humain pense qu’elle peut penser ce que l’homme est. Elle pense penser son être. Pour penser penser son être, il faut nécessairement penser que son être se pense. Il faut penser que l’homme est, qu’il pense, qu’il pense ce qu’il est. Il faut nécessairement penser que l’homme est un être qui pense ce qu’il est, c’est-à-dire un être qui se pense. Il faut nécessairement que cette penser pense qu’il est ce qu’elle pense qu’il est.
II. Il se pourrait qu’il ne soit pas ce que sa pensée pense qu’il est. Il se pourrait qu’elle se trompe, la pensée, sur l’être de l’homme et sur sa pensée qu’il croit être la vraie pensée de son être et qu’elle est celle selon laquelle il se pense. L’homme est pour elle un être qui pense à soi, c’est-à-dire à ce qu’il est. L’homme est pour elle un être tel qu’être pensant à soi. La pensée dit que l’homme pense, et qu’il pense à lui, à sa définition. Cette pensée dit qu’elle est la pensée de l’homme, et que l’homme est pensée.
III. L’homme pense. La pensée hominise.
a) L’homme pense l’homme. La pensée hominise la pensée.
b) L’homme pense la pensée. La pensée hominise l’homme.
c) L’homme pense l’homme qui hominise la pensée.
d) L’homme pense l’homme qui pense la pensée.
e) L’homme pense la pensée qui hominise l’homme.
f) L’homme pense la pensée qui pense l’homme.
g) La pensée hominise l’homme qui pense l’homme.
h) La pensée hominise l’homme qui pense la pensée.
i) La pensée hominise l’homme qui hominise la pensée.
j) La pensée hominise l’homme qui hominise l’homme.
IV. Il se pourrait que nous ne sachions plus très bien où nous en sommes. Il se pourrait que l’homme ne sache plus très bien où il en est. Il se pourrait que la pensée ne sache plus très bien où en est la pensée. Il se pourrait que l’homme ne sache plus très bien où en est sa pensée. Il se pourrait que la pensée ne sache plus très bien où en est l’homme. Il se pourrait que la pensée pensant l’homme ne sache plus très bien où en est l’homme pensant la pensée. Il se pourrait que l’homme pensant la pensée ne sache plus très bien ou en est la pensée pensant l’homme. Il se pourrait que l’homme hominisant sa pensée ne sache plus vraiment où il en est. Il se pourrait que la pensée hominisant l’homme ne sache plus vraiment ce qu’elle est.etc…
V. Il se pourrait que la pensée en ait marre de penser l’homme qui pense la pensée. etc….
VI. Il faudrait encore chercher le rapport aux droits de l’homme après tout ça. Selon la déclaration des droits de l’homme :
L’homme se défend par la déclaration qui défend l’homme.
L’homme se défend par la déclaration qui défend l’homme de nuire à autrui.
L’homme se défend par la déclaration qui défend l’homme de se nuire à lui-même en nuisant à autrui. L’Homme se défend par la déclaration qui défend l’homme de se nuire à lui-même en nuisant aux autres, qui défend l’homme de nuire aux autres en se nuisant à lui-même.
Qui nuit ?
Qui nuit à soi comme aux autres ?
Qui nuit aux autres comme à soi ?
La déclaration des droits de l’homme dit que l’homme est un animal nuisible à l’homme.
De le différence et de la répétition
I. La déclaration des droits de l’homme et du citoyen du 26 Août 1789 commence par dire : « Nous les représentants du peuple français ».
1. Il y a un peuple français composé de français. Ce peuple de français est composé de français et de représentants du peuple français. Les représentants du peuple français sont à la fois français et représentants du peuple français. Un français qui n’est pas représentant du peuple français n’est que français.
2. Un français ne représente pas le peuple français. Les représentants représentent le peuple français. Les français sont représentés par les représentants du peuple français. Les français présentent, les représentants représentent, mais comme français ils présentent aussi. Un représentant présente et représente.
3. Un représentant représente, il opère une représentation. Il opère une représentation du peuple français, des français qui composent ce peuple.
II. Les représentants du peuple français considèrent que « l’ignorance, l’oubli ou le mépris des droits de l’Homme sont les seules causes des malheurs publics et de la corruption des Gouvernements ».
1. Il y a malheureusement l’ignorance, l’oublis et le mépris des droits de l’Homme.
2. Il y a malheureusement des malheurs, des malheurs publics.
3. Il y a 3 causes des malheurs publics : l’ignorance, l’oublis et le mépris des droits de l’homme.
4. Il y a malheureusement la corruption des gouvernements.
5. Il y a trois causes de la corruption des gouvernements ; ces causes sont l’ignorance, l’oubli et le mépris des droits de l’homme.
A. Un homme peut oublier les droits de l’homme, comme il peut les ignorer (ne pas savoir qu’ils existent), comme il peut les mépriser.
B. Un homme en tant qu’Homme a des droits.
C. Un homme peut oublier les droits de l’Homme, il peut oublier qu’il a des droits, les droits de l’Homme.
D. Un homme peut ignorer les droits de l’Homme, il peut ignorer qu’il a des droits, ne pas savoir qu’il a des droits, les droits de l’Homme/
E. Un homme peut mépriser les droits de l’Homme, il peut mépriser ses droits, les droits qu’il a, comme les droits des autres, les droits qu’ils ont en tant qu’hommes, les droits de l’Homme.
a. Je suis un homme, en tant qu’homme qui est j’ai des droits.
b. Toi aussi tu es un homme, en tant qu’homme qui est tu as aussi des droits comme moi qui en suis un, nous sommes les mêmes, nous sommes les Hommes, nous avons par conséquents les mêmes droits, ceux de l’homme.
c. Il a lui aussi des droits cet homme-ci puisqu’il est un homme, et il a les mêmes que nous, lui qui comme nous en est un, un homme, il a les droits de l’homme étant homme.
d. Nous sommes des hommes, nous avons des droits, ceux de l’homme, déclarés par les représentants du peuple français le 26 Août 1789.
e. L’Homme a des droits depuis le 26 Août 1789. Il a commencé à en avoir ce jour-là, grâce aux représentants du peuple français.
a. Il faut supposer qu’avant cette date, le 26 Août 1789, l’Homme n’avait pas de droits. Puis, le 26 Août, grâce à une déclaration, il en a eu. Ces droits sont la liberté, la propriété, la sûreté, et la résistance à l’oppression. Avant le 26 Août de cette année, l’Homme n’avait pas droit à la liberté, l’Homme n’y ayant pas droit, il n’était pas libre. Avant le 26 Août, l’Homme n’avait pas droit à la propriété, il n’était ni libre ni propriétaire, mais aussi n’avait pas non plus droit à la sûreté, il n’était pas en sûreté, mais n’avait surtout pas droit de résister à l’oppression. Depuis cette date, l’homme a des droits, il a le droit d’être libre, il a le droit d’être propriétaire, il a le droit d’être en sûreté, il a le droit de résister à l’oppression.
b. Je suis un homme, donc j’ai des droits, ceux de l’Homme. J’ai donc le droit d’être libre. Mais j’ai aussi le droit d’être propriétaire, le droit d’être en sûreté, comme le droit de résister à l’oppression lorsque je suis oppressé. Seul celui qui est oppressé a le droit de résister à l’oppression. Celui qui n’est pas oppressé n’a pas le droit de résister à l’oppression.
c. Toi aussi tu es un homme, donc comme moi qui en suis un, tu a droit d’être libre, d’être en sûreté, d’être propriétaire donc d’avoir une propriété, et de résister à l’oppression, mais seulement lorsque tu es opprimé. Il ne faut pas en effet résister à l’oppression lorsqu’on n’est pas opprimé.
d. L’Homme a des droits : être libre, être en sûreté, être propriétaire, résister.
e. L’homme peut ne pas être libre, il peut être dans les fers, mais il a le droit de ne plus ne pas être libre, comme il a droit de ne plus ne pas être propriétaire, comme il a droit de ne plus ne pas être en sûreté, comme il a droit de ne plus être opprimé.
f. Le top de l’Homme c’est avoir des droits, mais aussi être libre, être propriétaire, être en sûreté, et ne pas avoir à résister à l’oppression.
g. Le pire de l’homme, c’est de ne pas être libre donc avoir droit à résister à l’oppressions mais ne pas pouvoir le faire, ne pas être en sûreté ni pouvoir le faire, ne pas avoir de propriété privé. C’est le pire selon les droits de l’homme quand ayant ces droits nous ne somme pas cet Homme qui est libre propriétaire en sûreté et qui résiste quand il le faut à l’oppression.
h. L’Homme peut être victime de ne pas être libre, de ne pas être propriétaire, être en sûreté, et ne pas pouvoir résister à l’oppression. Lorsqu’il est victime, il y a au moins trois causes : l’oubli des droits de l’homme, l’ignorance, ou le mépris. Et ces trois causes de cet état de fait produisent les malheurs collectifs et malheureusement aussi la corruption des gouvernemants.
1. L’Homme est un être qui naît.
2. L’Homme est un être qui naît et qui ayant un être et qui naissant a des droits naturel ou qui a naturellement des droits.
3. L’Homme est un être qui naît et qui peut être victime d’un crime.
4. Le crime contre l’Homme est la cause des malheurs collectifs.
5. Les crimes causés à l’Homme causent les malheurs collectifs.
6. La déclaration des droits de l’Homme et du citoyen rappellent les droits naturels, inaliénables et sacrés de l’Homme pour que les hommes ne les oublient pas, pour qu’ils ne les ignorent pas, pour que les hommes ne méprisent pas ces droits, pour empêcher que le malheur ne se reproduise.
7. C’est ainsi qu’en principe le malheur collectif ne se produit pas et qu’advient le bonheur collectif.
8. Il faut que cette déclaration soit constamment présentée aux membres du corps social. Constamment rappelée à ses membres, ils ne doivent jamais oublier cette déclaration.
a. Il y a un corps social. Ce corps social a des membres. Ce corps social est composé de membres appelés hommes. Tous les membres de ce corps doivent connaître la déclaration des droits de l’Homme, donc savoir qu’ils ont des droits mais aussi des devoirs.
b. Il y a un corps, ce corps est social composé d’hommes.
c. La société forme un corps composé d’hommes, et lorsque ce corps est un corps malade, il est malade du malheur engendré par l’oubli l’ignorance et le mépris des droits de chaque membre de son corps.
Sources:
internet: déclaration des droits de l’homme et du citoyen du 26 Août 1789 sur le site du conseil constitutionnel.
Livres: Gilles Deleuze, Différence et répétition, puf.
François Laruelle,éthique de l’étranger, du crime contre l’humanité,Kimé.
Habermas: Droit et démocratie.nrf.
Philo-fiction…
I. On peut transformer la réalité. On peut s’entendre sur la transformation à apporter de la réalité à apporter à la réalité. Cette transformation de la réalité à apporter à la réalité n’est peut-être pas celle que l’on croit, celle à laquelle nous croyons illusoirement.
II. Nous prenons nos pensées, nos constructions mentales pour la réalité, si bien que nous ne percevons plus la réalité, nous ne la voyons plus, nous ne la pensons plus, nous y sommes indifférent, nous ne la comprenons plus. Nous proposons un slogan : retour à la réalité. Le retour à la réalité, c’est imposer à celle qui a la charge de la penser, de s’y réintéresser, plutôt que la nier, plutôt que l’halluciner, plutôt que la déformer, plutôt que chercher à nous faire passer des vessies pour des lanternes. Le retour à la réalité, c’est en un mot, penser. Et c’est imposer d’abord à la pensée et avant tout à elle plutôt qu’aux autres-pensées cette tâche.
III. Cette réalité est désagréable à regarder, est désagréable à penser, est désagréable. Peut-être nous trouverons nous malade à regarder de trop près cette réalité. Cette réalité est toxique. Mais peut-être est-il nécessaire de vivre avec cela plutôt que le nier, et cela avec quoi il faut vivre, plutôt que chercher à l’occulter. La réalité, c’est l’occultation de la réalité, cette façon de ne point l’accepter, cette façon de chercher à créer des paradis artificiels. Cette réalité, c’est notre poisse. Nous sommes dans la poisse, et on cherche en même temps à nous dire que tout va bien, ce qui est faux. La réalité c’est que contrairement à ce qu’on dit c’est que ça ne peut indéfiniment continuer comme ça.
IV. Cela s’arrêtera un jour. Ça ne durera pas. On ne peut plus se leurrer. On ne peut plus croire que cela, cette réalité durera indéfiniment. Vouloir qu’elle dure…qui le veut ? Qui veut que dure cette dure réalité? Qui désire que cette dure réalité dure, ceux pour qui la réalité n’est pas dure?
V. On peut désirer que cette dure réalité ne dure plus longtemps, elle ne disparaît pas pour autant comme ça. Et c’est aussi à trop vouloir la faire disparaître qu’elle devient encore plus dure.
I. La réalité, il y a des gens qui paraît-il s’en occupe.
II. On ne nie pas impunément la réalité.
III. La réalité est niée. Il faut s’occuper de la réalité.
I. Normalement, travailler c’est traiter la réalité.
II. Maintenant, travailler ne signifie plus traiter la réalité. Travailler signifie oublier la réalité.
III. On n’oublie pas impunément la réalité.
I. On s’est arrangé pour que le travail ne traite plus la réalité, sous prétexte de travailler, et avec toute la bonne conscience que cela apportait, on s’est contenté d’oublier la réalité.
II. On nous fait croire que quelqu’un s’occupait de la réalité. On nous fait croire que les hommes politiques traitent la réalité, mais elle ne serait pas devenu ce qu’elle est devenu s’ils avaient traité la réalité.
III. La vérité, c’est que plus personne ne veut traiter la réalité, ne veut se donner la peine de la traiter, car la réalité est toxique, et de plus en plus chaque jour.
IV. La vérité, c’est qu’il y a du travail pour tous eu égard à la réalité. La vérité, c’est que lorsqu’on s’occupe de la réalité on n’a pas de travail. Il est devenu interdit de s’occuper de la réalité. Il a toujours été dangereux de le faire dans une société qui ne voulait pas la voir, qui ne voulait pas penser, qui s’est si obstinément interdit de penser et de s’occuper de la réalité. Travailler à l’heure actuelle, cela signifie traiter tout sauf la réalité.
V. Prendre en compte la réalité, c’est prendre en compte l’hallucination massive de cette réalité qui est une réalité.
VI. On nous interdit implicitement de nous occuper de la réalité.
VII. On préfère nous voir nous occuper du foot, de la télévision, du marché et des capitaux, de ne pas nous en occuper en bavardant sans cesse. En tant que les sujets ne se sont plus intéressés à la réalité, ils étaient des irresponsables, société légère d’irresponsables. Le retour de la réalité, c’est être remis face à ses responsabilités. Chacun sera mis en face de ses responsabilités.
VIII. Travailler c’est traiter la réalité. Une activité qui ne traite pas la réalité n’est pas un travail. La vérité, c’est que ne plus traiter la réalité est devenu un travail.
IX. Nous ne traitions plus la réalité, nous ne traitions plus des problèmes réels.
X. La vérité de la réalité n’est pas donnée. La vérité nécessite de penser.
XI. On a fait comme si la vérité de la réalité était donnée, voilà pourquoi nous ne nous en occupions plus, voilà pourquoi nous ne traitions pas la réalité.
XII. La réalité doit être pensée. Non hallucinée. Celui qui décide de ne plus penser décide de mourir. La société et ses mots d’ordres étaient des décisions mortifères. Celui qui dit qu’au lieu de penser il faut agir ne sait pas encore que penser est déjà agir. Celui qui dit qu’au lieu de penser il faut agir agit pour que les gens ne pensent pas…à la réalité. Il œuvre explicitement pour qu’on ne traite pas des problèmes, pour qu’on continue l’ancien manège morbide. Il ne sait pas ce qu’il fait. Le problème, c’est lorsque des gens qui ne savent pas ce qu’il font gouvernent les autres. C’est un gros problème… au moins dans un premier temps. Des gens qui ne savent pas ce qu’ils font prétendent dire ce qu’il convient de faire aux autres. Ne pensez pas, agissez…. Travaillez mécaniquement, ne vous en faîtes pas, on s’occupe de tout, tout va bien se passer. Or il est manifeste que les choses ne se passent pas comme ils disaient qu’elles allaient se passer. Ils vont tout de m^me continuer de dire, hallucinant la réalité, voyez comme ça se passe bien, alors que la vérité c’est l’enfer, ils useront de tous les artifices pour faire passer la pilule, mais arrive un moment où la pilule ne passe plus. Nous arrivons à ce moment. La réalité est trop de la chiotte. De la chiotte de chiotte, de la superchiotte…jusqu’au coup. Et cela fait longtemps que ça dure. C’est cette odeur de chiotte qui rend malade. Sentez…vous verrez…ça ne sent pas bon. Ils pensent qu’en mettant un peu de brise sous vide l’odeur sera dissimulée. Ils cherchent à dissimuler l’odeur de chiotte de la réalité plutôt que d’évacuer ce qui pue. La vérité c’est peut-être que la chasse d’eau ne marche plus et qu’il ne savent pas comment la réparer. Ils n’ont pas la compétence pour s’occuper de la chiotte’réality, se content de verser des tonnes et des tonnes de canard. Mais la coupe est bientôt pleine….
XIII. La vérité c’était la chiotte-réality… Ils n’avaient pas l’air de se figurer qu’il y allaient….ils étaient content de gouvernallier, de montrer qu’ils gouvernaillent, parcequ’ils se figuraient qu’ils gouvernailleraient indéfiniment, pourtant ce qu’ils doivent affronter ce n’est pas une affaire de gouvernaillement, c’est la chiotte-réality. Cela s’appelle le retour à la réalité.
XIV. Pour s’occuper de la chiotte réality il y a du travail pour tous. Pour cette tâche, il n’y a pas de chômage. Vis-à-vie de cette tâche, le chômage est une bizarerie. Mais le problème, dans cette chiotte réality, c’est que cette tâche n’est pas rémunérée.
A. La pensée traite la réalité.
B. La force de pensée unilatéralise la pensée-réalité.
Problème ultérieur: penser séparés l’homme et la pensée. Ne plus les mélanger, ne plus les mixer. Séparés sans séparation l’homme et la pensée…. penser selon le séparé sans séparation….
Pourquoi ne comprenons nous rien au Monde dans lequel nous vivons ?
Pourquoi ne trouvons nous aucune explication probante aux faits qui s’y déroulent ?
Pourquoi la révélation tarde-t-elle à venir ? Pourquoi la révélation tarde-t-elle à venir ?
Nous ne l’accepterions pas…nous ne l’accepterions pas..Nous n’accepterions même pas l’idée que le monde est susceptible d’explication. Nous nous sommes persuadés que nous vivions dans une monde absurde. Nous nous sommes persuadés d’un mensonge, et ce mensonge est particulièrement virulent, ne plus croire ce mensonge, ne plus croire les explications mensongères des faits, il y a la virulence dans le Monde d’une explication mensongère des faits, des plus petits faits jusqu’au plus grands faits. Il y a aussi, de ce fait, l’existence d’une volonté de ne plus quérir l’explication de faits de ce Monde, une résignation, pourtant les faits nous pouvons les trouver. Nous pouvons trouver des explications au faits, aux n’importes quels faits. Et si nous les cherchons nous les trouverons, nous les déduirons. Non seulement au fait que nous échouons, que notre vie échoue, mais au fait que le Monde échoue, et que les gouvernants de ce Monde échouent eux.
Voilà pourquoi la révélation tarde-t-elle à venir. Parce que nous ne voulons plus rien savoir, plus rien entendre, que nous nous bouchons les oreilles derrière des certitudes éculées. Mais peut-être est-il maintenant temps de se déboucher les oreilles et d’ôter la poutre de nos yeux hallucinés.
Aux faits nous pouvons trouver des explications. Et l’heure est proche de cette explication….
L’exercice en dernière instance de l’intelligence permet de séparer la vérité du mensonge.
N’importe quel rapport des faits peut-être soumis à l’exercice en dernière instance de l’intelligence. L’exercice en dernière instance de l’intelligence est une unilatéralisation de l’information.
Nous ne sommes pas tenus de gober le mensonge sur les faits, les fausses explications, comme des plantes paresseuses avides d’information. La méthode est maintenant largement exposée. Nous savons maintenant comment faire fonctionner cette intelligence.
* le texte qui précède consiste en un procès d’interprétation de matériaux tirés de la conjoncture actuelle. Il aurait pu être mené plus loin, aurait pu être présenté autrement, mieux présenté, mieux agencé. Mais vu la nature du matériau, la conjoncture, désastreuse, mieux vaut ne pas s’attarder.
* l’interprétation procède de différences et de répétitions.
* Il n’y a, de ce fait, pas qu’une seule interprétation.
* Ce qui compte, dès lors, ce n’est pas telle ou telle interprétation, mais les pensées qui surgissent à ce moment.
* Mieux vaut travailler sur un matériau consistant. L’interprétation de la conjoncture reste toutefois nécessaire.
* cette interprétation doit être expérimentale; plutôt que tributaire d’un seule point de vue, il s’agit de produire le plus de points de vue que l’on peu.
* On peut considérer l’interprétation comme une production d’interprétations. Et il y a nécessairement de l’aléatoire et du “hasard", il faudrait prendre connaissance de tous les procédés d’interprétation.
* La pensée s’exerce une fois chaque fois.
* la carte n’est pas le territoire.
Je rumine que :
Dire, la France est un pays qui pense et dire « j’aimerais vous dire : assez pensé maintenant, retroussons nos manches », c’est penser qu’on ne peut pas penser et se retrousser les manches en même temps, c’est donc ne pas se retrousser les manches et penser qu’il faut se retrousser les manches, c’est penser que les autres doivent se retrousser les manches et travailler sans penser, c’est penser qu’on peut travailler sans penser à ce qu’on fait, ni l’impacte que cela à, qu’il faut travailler aveuglément, c’est penser qu’il n’y a que ça à faire, travailler sans penser.C’est énoncer un programme impossible qui ne dit pas quelle est la nature précise, exacte de la tâche à mener, qui n’y pense pas parcequ’il estime que ce n’est pas la peine de le définir. Ça peut en tout cas dire cela. C’est dire que penser n’est pas travailler, penser et se retrousser les manches font deux, que le penseur est un glandeur, que celui qui pense ne s’est pas retroussé les manches, c’est penser que penser n’est pas bien vu que c’est différent de se retrousser les manches, penser que penser et se retrousser les manches font deux, c’est ne pas se retrousser les manches, c’est s’interdire de penser vu que penser n’est pas bien, c’est s’interdire de penser à ce qu’on va faire, car c’est penser que penser à ce qu’on va faire est
Mal.
Mais non, reprise :
Assez pensé maintenant. C’est dire que ça suffit de penser, maintenant il faut se retrousser les manches ! C’est dire que ce qu’on a pensé n’était pas une manière de retrousser les manches, ce n’était pas entendu comme un travail, cela ne faisait pas partie du travail, cela ne relevait pas de l’ordre d’un exercice, d’un effort à appréhender la réalité, car il y a penser et se retrousser les manches, et ce n’est pas pareil. C’est avouer clairement que penser comme on l’a fait n’était pas du travail, c’était quoi, la campagne électorale ? Mais c’est penser qu’on ne pensera dorénavant plus, et c’est penser qu’agir sans penser vaut mieux que penser sans se retrousser les manches…… Mais c’est ne pas imaginer que penser est un effort, que penser est du travail…. C’est toujours penser….C’est toujours attendre de se mettre au travail, c’est constater que jusqu’à maintenant on était au chômage…… C’est un curieux langage que cela.
Mais ça peut bien dire autre chose :
Maintenant qu’on a pensé, on peut se mettre au travail, on peut véritablement se mettre au travail, on peut faire ce qu’on a pensé, ce que nous avons pensé, notre pensée est assez claire, assez rationnelle, assez structurée et cohérente, c’est penser que nous avons la bonne pensée, maintenant, qu’il ne faut plus tergiverser, qu’il faut y aller, que ça va aller… qu’on peut enfin faire quelque chose.
C’est dire qu’en France il y a trop de glandeurs intellectuels qui discutaillent et qui feraient bien d’arrêter de commenter ou de chercher à comprendre Karl Marx et les autres idéologues, qu’il n’y a rien à comprendre excepter comprendre qu’il faut se retrousser les manches, sans comprendre autre chose, ni pourquoi on le fait, pourquoi on se retrousse les manches.
Dire retroussons-nous les manches : c’est explicitement dire que « nous », la personne qui parle, ne faisait pas parti du lot de ceux qui travaillaient. C’est avoir une conception restreinte de la pensée selon quoi penser n’est pas du travail, c’est explitement dire qu’à chaque fois qu’on a pensé on ne le faisait pas dans un esprit de travail. C’est penser que tous ceux qui pensent ne travaillent pas, qu’ils sont des parasites, qu’ils ne font que penser sasn travailler, c’est vouloir les mettre au travail, c’est à dire à quelque autre activité que la pensée pensée sui n’est pas un véritable travail, c’est donc envisager une réforme de l’éducation nationale qui consistera à dire que vous pensez maintenant, vous travaillerez après…. Etc…
Donc le gouvernement n’a pas oublié de penser, mais il a pensé en pensant que ce n’était pas du travail et qu’après avoir pensé il se mettrait véritablement au travail.
Reprise :
Dire : assez-pensé maintenant. Penser ne paie pas. Il faut faire ce qui paie, pas ce qui ne paie pas. Il faut arrêter de vouloir être payé en pensant. Ce n’est pas en pensant que vous serez payez. Faites une croix sur vos rêves de métier de penseur, retroussez vos manches et prenez la pelle. Etudiant qui voulez penser, retroussez vous les manches. Cela ne sert à rien de faire des études de philosophie on ne vous paiera pas pour ça. Faire de la philosophie, ce n’est pas du travail, arrêtez de penser que c’est du travail, le travail c’est se retrousser les manches, c’est se salir les mains, c’est mettre les doigts dans le cambouis. On ne vous paiera pas pour ça. Penser ? N’y pensez pas, retroussez-vous, retroussons-nous les manches… car moi aussi je dois mettre la main de le cambouis, je vous rassure, car en pensant je n’ai jamais retroussé les manches, jamais…. Je ne sais pas ce que signifie penser-travail.Je ne me figurre pas un seul instant que penser et travail soit un. Je pense que penser et travailler sont deux choses distinctes.En le pensant je ne travaille toujours pas. Je pense le travaille, mais pensant le travaille je ne me retrousse pas les manches, je ne me retrousse pas les manches, j’arrêtes sur le champ de penser, et je me retrousse les manches….
Que cela peut-il bien vouloir dire ?
Je reprends : elle veut nous dire que penser et travailler sont deux. Donc, elle est au gouvernement, et pensant que penser n’est pas travailler, elle s’évertue à ne pas penser…. Donc on a des chefs si elle représente les autres chefs qui se disent que penser n’est pas travailler, ces cheefs sont dits travailleurs infatigables, donc piètres penseurs, donc chefs qui ne pensent pas, qui font, qui font qui font, ainsi font font font les petites marionnettes, ainsi font font font trois petits tours et puis s’en vont.
Je reprends car je ne comprends pas toujours pas ce que peut bien vouloir dire un tel propos. De la part d’un membre du gouvernement de la France. Mais là, faisant cela, pensant à ce qu’elle dit vraiment, cherchant à intelliger ce qu’elle dit, je vauis bientôt faire quelque chose de défendu, ou quelque chose de pas bien…. Je me rends compte que ce que je suis en train de faire maintenant n’est pas se retrousser les manches, mais penser, donc je ne dois pas chercher à comprendre ce qu’elle dit, qu’il y a mieux à faire. Elle peut dire ce qu’elle veut, cela n’a pas grand chose à faire, car elle ne pense pas, elle travaille elle, elle s’y est mise y’a deux jours. Donc quoiqu’elle dit, vu qu’elle ne pense pas –elle ne pense pas vu qu’elle pense que penser c’est pas travailler et qu’on a assez pensé, elle est dans sa phase où elle ne pense plus.
Ne pensons plus donc me dis-je et travaillons. Ne pensons plus, on pensera à nouveau quand on pourra penser, c’est à dire ? Quand sera-t-il permis de penser ? Qui délivera les permis ?
Retroussons les manches, c’est un ordre.
C’est un ordre, je vous ordonne de travaille. ?
Que dit-elle que dit-elle que faut il comprendre lorsqu’elle dit cela, il faut comprendre qu’il ne faut pas chercher à comprendre et qu’il faut tout de suite abandonner le clavier car ce n’est plus le temps de comprendre, on comprendra plus tard, mais maintenant il ne faut plus chercher du tout à comprendre….. On le comprendra plus tard, à la retraite, lors des prochaines vacanaces.
Or, comprendre, c’est mon travail madame. Donc je dois comprendre que mon travail ce n’est pas du travail pour vous.
Comprendre…penser….// travailler…..
Penser différent de travailler. Je n’arrive pas à comprendre ce que vous me dites….
Quand on dit penser est différent de travailler et que vous dites que vous ne voyez pas on vous répond ne cherche pas à comprendre travaille. Ne cherche pas à comprendre, car comprendre c’est penser. M^me le gouvernement s’y met.Donc il faut croire qu’elle est un col bleu qui va se mettre au boulot…. Qu’il n’y a pas besoin de col blanc…ou qui sont tes gens qui te pense. Qui vont penser ton travail, qui vont penser ce que tu va faire, qui vont penser ton ordre du jour, qui vont penser à l’avenir, qui vont penser aux retraites, qui vont penser au réchauffement de la planète , qui vont penser à la réforme de l’université.
Une réforme pas pensée….
Une réforme pas-pensée est une réforme qui travaille.
Une réforme pas pensée….donc vu que penser ne sert à rien , vous ne penser pas que cela serve de penser la réforme, donc vous ne penser pas les réformes, mais vous continuez de penser que réformer est bien, mais vous ne réformer avec des réforme pas pensée.. C’est une nouveau concept…. Pas pensée…les conséquences. .
Ils vont finir par me rendre barges avec leur pas-pensée, pensée pas égale au travail.
Opposer penser est travail est une manière de penser, une politique manière de penser.
Opposer est penser, opposer penser et travaille, c’est penser que penser et travaille s’oppose.
Opposer penser et travaille c’est prétendre en m^me temps et connaître l’essence de la pensée, et connaître l’essence du travail. C’est savoir ce qu’est penser. C’est savoir l’être de la pensée…c’est penser aussi le travail, c’est penser le travail, mais penser le travail ce n’est pas pour elle travailler.
Mais disant cela elle insinue avoir pensé le travail. Elle e pensé.
Ou il pense que le travail…
Penser que penser n’est pas travail, c’est penser que ce qu’on fait n’est pas travailler.
C’est nécessairement dire que l’être de ce que je fais n’est pas travail quand je pense.
C’est nécessairement penser que l’être de ce que je fais quand je travail n’est pas penser.
Mais pour penser que le travail n’est pas la pensée, il faut, selon cette terminologie nécessairement ne pas travailler. Mais pour travailler, selon cette terminologie il faut nécessairement ne pas penser.
Je m’évertue à penser les propos de quelqu’un qui s’évertue à me dire qu’il ne veut plus penser, et qui ne veut plus que les autres pensent, ni même qu’ils pensent ses propos, ni qu’ils pensent à ce qu’il dit, ni pense à ce qu’il fait, ni pense à ce qu’il vont faire plus-tard, qui renoncent aussi à avoir d’autre projet que le seul supposé valable, travailler. Le seul projet est déjà pensé, c’est travailler…rien à dire.
Et je continue de m’évertuer de penser les propos de quelqu’un qui dit qu’il n’aime pas qu’on pense….. Même si je préférerais nettement penser les propos de quelqu’un qui aime penser, et qui aime le faire, ce serait plus agréable et qui encourage à le faire.
Si on ne pense pas, on ne peut pas penser la vérité.
Si on pense que mieux vaux travailler plutôt que penser, alors on travail, mais on ne travaille pas à chercher la vérité, la vérité dans ce contexte n’a aucune espèce d’importance. On ne cherche pas la vérité de ces propos, que vaut-elle cette vérité ? Des gens qui ne disent pas la vérité ? Il y a des gens qui opposent penser et travail, et qui pensent que cette opposition entre pensée et travaille est une opposition naturelle, qu’il est naturel de ne pas penser, qu’il est naturel de travailler, qu’il est de la nature de l’homme de ne pas penser, que l’homme travaille naturellement, ils pensent que l’homme est un animal qui travaille. Et c’est en vertu de ce seul programme, nécessairement très peu pensé, très mal pensé puisqu’ils s’y refusent, qu’ils édifieraient leur prétention à nous gouverner tous, à nous administrer, à nous soumettre. Opposer pensée et travail est un moyen commode de soulever un leurre idéologique, un faux problème. Il s’agit nécessairement d’une parole qui cache autre chose. Ces gens là, ouvertement, pensent que le travail est le seul véritable problème, et que la seule chose à faire est le travail.
Mais est-ce qu’on doit savoir quelle est la seule chose à faire ? Quelle prétention de savoir quelle est la seule chose à faire, de découper aussi arbitrairement la vie, de la réduire.
Réduire la vie à une alternative : penser ou travailler. Rien d’autre.
Penser et travailler. Penser le travail, travailler la pensée….voilà qui déjà nous donne un peu d’air. Du grand air….Ils ne savent pas faire une synthèse, ils sont dans un
MODE DE PENSE SOMMAIRE, MODE DE PENSEE BINAIRE, AUTORITAIRE.
Penser en travaillant, travailler en pensant, de l’air, de l’air….
Tantôt travailler, tantôt penser, de l’air de l’air,
Tantôt ne pas travailler ni penser…de l’air zazen.
Penser le travail de pensée. Travailler la penser du travail,
Penser le travail, le droit du travail, le droit au travail, le travail du futur.
Travailler la pensée, la pensée à droit à un travail, la pensée travailleuse, chercheuse, action…
Penser à la structure de notre droit du travail….
Penser à la pensée du droit du travail , élaborer le droit du travaille, travailler le droit du travail. Penser à la justice, à l’injustice. A l’injustice d’interdire le travaille à ceux qui pensent.
Comme si d’ailleurs la société était coupée en deux : ceux qui pensent et ceux qui travaillent.
Pensée un peu plus élaborée mais pas encore structurée.
Mais c’est mieux que dire : penser c’est chômer. Chômer c’est mal.
Les filles de cul du porno travaillent. Les producteurs de filles de cul du porno travaillent. Elles travaillent et tout ce qui travaille est utile. Donc les filles de cul du porno sont utiles et leurs producteurs de filles de films de cul. Fils de film de cul……Fabriquer à la chaîne des fils de films de culs est utile selon cette pensée. Fabriquer des pères, des exemples, fabriquer des subjectivités, un film de cul peut servir d’exemple, d’où fils de film de cul….
Tout ce qui travaille est utile…tout ce qui ne travaille pas et pense est inutile…et je bloque….
Obsédés du travail, qui ne pensent qu’au travail et qui font du travail un film de cul , du travail standardisé, stéréotypé.Subjectivité fabriquée par un tel procédé : une subjectivité prête à emploi. Une subjectivité standard… utilisable…malléable….une subjectivité-objet…. Donc fabriquer des objets…..des objets appelés hommes et joués tels que jouets nommés homme.
Jouer avec l’homme c’est jouer avec le feu. Manipuler les sujets devenus objets humains….objets devenus pièces travailleuses pour la prod de film de boules reconnue comme utile car travailleuse…Films de fils de films……de boule…Fils de films de fils….de boule.
Dire ce qu’est le Réel est déjà une manière d’être qui ne se dit pas. Dire ce que le réel est déjà une manière de faire qui ne dit pas ce qu’elle fait. C’est déjà une manière de penser qui ne dit pas ce qu’elle fait lorsqu’elle pense.
Dire ce qu’est l’homme est une manière de penser. Dire que l’homme est, c’est une manière de penser, c’est penser que l’homme est. Dire que l’homme est un animal rationnel c’est croire être en mesure de dire l’être de l’homme, et c’est surtout commencer à dire comment il doit se conduire et comment il doit conduire sa pensée.
Dire que l’homme est un individu. Dire que l’homme est un individu qui est dans le Monde, c’est déjà commencer à dire comment il doit être. C’est dire qu’Il doit être comme s’il était dans un Monde puisqu’il y est. Dire que l’Homme est un individu qui pense, c’est nécessairement dire que pour être il faut penser, et qu’il faut penser que c’est un individu pour qui être, c’ est d’abord et avant tout penser.
Dire que l’Homme est un individu qui est, c’est dire que pour vraiment être il faut savoir ce qu’être homme veut dire.
Dire que l’Homme (est) l’identité forclose au langage, c’est penser que l’identité de l’homme ne se mélange pas avec la pensée. C’est penser que cette pensée n’est pas l’être de l’homme, c’est penser que l’être de l’homme est un affect forclos au langage. Ce n’est pas penser que l’homme peut être déterminé par sa pensée, qu’il peut se déterminer à être par sa pensée. C’est penser déterminé-en-dernière-instance du Réel.
Dans l’exposé du 9 Novembre, était présentée comme un progrès la mathématisation de la psychiatrie. À bien des égards, cette mathématisation en constitue un, et il serait absurde de le nier. Cependant, nous ne partageons cet enthousiasme, que de manière modérée, pour les raisons théoriques que nous avons évoquées plus haut. Le parti pris théorique du DSM risque aussi de ne faire que confirmer comme acquis et comme valide tout un système de pensée qui décide de manière qui pourrait être autoritaire (mais il resterait à le montrer, mais on ne le peut ici) de l’essence de l’humain.
Concernant la mathématisation en général, elle est souvent présentée comme la voie vers la science par certain de ses tenants. Pour ce qui concerne la psychiatrie, on pourrait dire de manière plus nuancée qu’elle constitue une voie qui ne doit pas se présenter comme exclusive des autres. Une non-psychiatrie pourrait constituer la théorie-méthode pour l’exploration de chaque voie ; théorie expérimentale dans la mesure où elle devrait, les explorant, en transformer à chaque fois les réquisits pour évaluer ce que cela donne au niveau de la théorie nouvellement transformée.
On a vu dans cet exposé qu’il y avait bien, au moins dans cette description de la schizophrénie, une manière de penser l’humain, qui est une décision sur l’humain, sur son être. Cette décision remonte au moins à l’antiquité (elle en est une parmi d’autres qu’il faudrait examiner également) ; mais tant qu’on la critique pour imposer une autre décision, nous ne faisons que reproduire ce geste. Alors que si l’humain, dans un axiome, est pensé comme Indécidé, condition de toute décision, cela change fondamentalement la théorie, qui devient une théorie non-décisionnelle (dont les effets sont à produire théoriquement par un travail d’examen de la théorie philosophique et psychiatrique proprement dite). Dans le DSM IV, est reconnu comme schizophrène quelqu’un qui délire.
« On trouvait qu’il parlait mal car il était simplement devenu inapte à parler notre langage pour rendre compte de ce qu’il avait vécu – et moi d’entre-apercevoir, à travers des bribes frappantes de son discours par ailleurs incompréhensible, cette expérience, en remontant les quelques fils que j’arrivais à saisir, et qui me firent voir en retour qu’il était en train de forger devant nous, bien qu’avec peu de succès, un langage capable de rapporter ce qu’il avait vécu au plus fort du chaos ; et il était par conséquent abusif de dire qu’il parlait plus ou moins bien que nous : il parlait, et c’était nous qui étions bafouilleurs, aphasiques, peut-être mêmes muets et aphones…. » Medhi Belhaj Kacem, L’antéforme.
C’est sur cette citation que nous terminons cet exposé sur la mathématisation de la psychiatrie, citation qui permet de montrer tout le dilemme qu’à chaque fois nous pouvons rencontrer concernant la psychiatrie. Et une mathématisation, ne peut, selon toute vraisemblance, être en seule en mesure de le trancher. On risquera toujours à l’égard de quelqu’un de lui faire du tort par nos jugements, plutôt que de songer au moyen de liquider tout tort, comme si le tort était évitable, il faudrait se demander comment nous pouvons lui causer le minimum de torts, et encore la théorie de cette blessure doit être élaborée, ce que nous ne pouvons malheureusement pas faire encore ici. On éviterait peut-être de causer du tort supplémentaire (aux patients mais pas seulement) dans la mesure où toutes les ressources de chaque théorie seraient mises sur un pied d’égalité (à l’égard du Réel). Et qu’à cette occasion, nous nous donnions la chance d’explorer chacune d’entre elles, plutôt qu’une seule à l’exclusion de toutes les autres.
***
Réponses aux questions :
Question 1 : cet exposé concerne-t-il la mathématisation de la psychiatrie ou sa conceptualisation ?
Réponse 1 : cet exposé concerne les deux, peut-être plus particulièrement la conceptualisation, mais l’approche théorique proposée affecte également la mathématisation. On cherche le principe d’une théorie unifiée où les caractères philosophiques et scientifiques sont unifiés en dernière instance par le Réel. Or, il y a peut-être bien une mathématisation de la psychiatrie, mais il y a aussi certainement une théorisation d’ordre philosophique de cette mathématisation. On cherche une approche identiquement philosophique et scientifique car la psychiatrie ne peut se passer de certaines méthodes de calcul, pas plus qu’elle ne peut se passer d’une conceptualisation comportant des philosophème. Reste que cet exposé a été composé à l’occasion d’un autre exposé sur la psychiatrie et sa mathématisation. Il a d’abord été conçu comme une réaction par rapport à une conceptualisation de la mathématisation qui m’a parue plutôt scientiste. Alors, il est vrai que la mathématisation intervient secondairement par rapport à la conceptualisation. Mais quant à moi, je suis enclin à penser que cette distinction comporte encore des présupposés philosophiques qu’il s’agirait d’expliciter. Aussi, on pourrait concevoir la non-psychiatrie comme théorie unifiée de mathématisation (conceptualisée) et conceptualisation (mathémathisante, mathématique ?)
Il ressort de cette question que la mathématisation semble devoir être aussi conceptualisée.
Question 2 : la théorie selon laquelle nous avons un corps et une âme n’est pas spécifiquement philosophique, cela relève tout aussi bien de ce qu’on appelle la “psychologie naïve". Quant aux théories philosophiques concernant l’âme et le corps, elles sont variées.
Réponse 2 : quoiqu’il en soit du statut de ces notions, ces notions sont des philosophèmes. Et si la psychiatrie emprunte des notions plutôt qu’à la philosophie, à la psychologie naïve, cela est problématique et quelque peu inquiétant. Une non-psychiatrie emprunte plutôt son matériau à la philosophie qui est plus théorique, plus établie, plus argumentée. Les philosophies de l’âme et du corps sont multiples, il est vrai, et cela n’est point contestable. Pourtant, on peut mettre en évidence des schèmes invariants, notamment dans la décision qu’implique ces schèmes. Une théorie non-décisionnelle du Réel-Un est capable de montrer l’invariance de toutes ces philosophies en tant qu’elles décident du réel et plutôt de manière autoritaire. S’il en était autrement, comment expliquer la guerre perpétuelle que se vouent les philosophies ? Si elles se vouent une guerre, c’est parce que chacune se veut suffisante quant au Réel.Geste qu’on lèvera en non-philosophie en mettant toutes les décisions sur un plan d’équivalence. Mais l’explication de cette approche est très complexe.
Question 3 : la description (sentiment de perte de l’unité) n’est pas une
invention gratuite des psychiatres (une “décision” qui pourrait être autre), elle se propose de synthétiser les mots que leurs patients mettent sur leur douleur. Sans doute est-il possible, en revenant à ces mots là, de montrer que cette description trahit les mots des patients : mais vous ne le faites pas. Bien au contraire, vous vous contentez de désigner la possibilité qu’il y ait trahison, et on a dès lors l’impression que les psychiatres forgeaient une description à partir de rien.
Réponse 3 : si j’ai laissé entendre dans cet exposé que la description était une invention gratuite des médecins psychiatres ce n’ai pas ce qu’ai j’ai essayé de dire. Il s’agissait par contre, sans aucune ambiguïté, de contester l’idée suivant laquelle cette description valait du Réel. Par exemple la perte de l’unité, cette description quant au Réel est du point de vue non-psychiatrique (qui n’en est plus un) complètement illusoire. Mais en effet, il est précisé par les médecins qu’il s’agit d’un sentiment, soit d’un contenu de pensée, d’une pensée qui pense que le Réel peut être scindé ou divisé, ou perdre son unité. Mais le réel rien-qu’Un n’est plus une unité synthétique (une unité est toujours susceptible d’être divisée ou scindée (par exemple l’unité âme/corps), il (est) rien qu’Un suivant l’axiome que nous avons librement choisis d’effectuer par la suite. Dit autrement le vécu ne connaît pas de scission. Cette thèse peut sembler dogmatique, mais il ne s’agit pas d’une thèse.
Du coup, nous pouvons revenir aux questions précédentes : ces descriptions mobilisent des philosophèmes qu’il s’agit maintenant de critiquer quant à leur prétention de valoir pour le Réel. Reste l’opération délicate et concrète de savoir que doit faire un médecin si un patient lui rapporte un sentiment de perte de l’unité. Un malade a-t-il jamais parlé ainsi ? C’est possible en fait. Peut-être avais-je le sentiment que les médecins eux-mêmes y croient, qu’eux-mêmes lorsqu’ils parlent où font leurs rapports écrivent : le patient est (entendons réellement) dissocié, le patient a perdu le sens du Réel, le patient est coupé du Réel…Or les médecins aussi portent une responsabilité lorsqu’il s’agit d’interpréter la douleur réelle ainsi. Comment alors la thérapeutique peut-elle se mettre en place ? Cela risque d’être une thérapie qui fait violence aux patients, voulant de toutes forces réconcilier un vécu qui n’a jamais été dissocié (en-Réel).
La non-psychiatrie établit alors qu’il ne s’agit pas de cela. Que l’opération de thérapie ne consiste certainement pas à réconcilier le vécu avec lui-même comme s’il devait être en rapport circulaire à soi. Reste alors à déterminer en dernière-instance (en-Réel) une thérapeutique unifiée qui doit recourir à toutes les théories (philosophico-psychiatriques) pour les transformer. On pourrait appeler cette thérapeutique une thérapeutique déterminée en dernière instance plutôt qu’une thérapeutique supposée déterminante du Réel (comme ont tendances à croire toutes les entreprises de réforme de la psychiatrie d’inspiration philosophiques ou autre, en réalité toutes philosophiques, schizo-analyse, thérapies cognitives comportementales, dasein-analyse, psychanalyse etc…
Question 4 : Pour synthétiser : vous écrivez à juste titre que la prétention à proposer une description pure, dépourvue de toute théorie, est outrée. Cela n’a pas pour conséquence que le contraire est vrai, à savoir que toute description soit tellement saturée de théorie qu’elle ne laisse aucune place aux données empiriques.
Réponse 4 : Une description empirique doit rester empirique. Mais l’empirique philosophique est immédiatement investi dans la tâche d’extraction des a-priori de l’expérience, ces a-priori immédiatement connectés à leur condition transcendantale. Le système empirique, a-priori, transcendantal est bientôt confondu avec le Réel. La non-psychiatrie entend montrer que le Réel ne fait pas système ou machine (schizo-analyse). La non-psychiatrie, dans sa phase d’élaboration devra nécessairement être cette théorie qui se laisse déterminer en dernière instance par le Réel en transformant la pensée qui se veut équivalente au Réel (la pensée spéculaire philosophique) : cela implique bien évidemment un travail effectif et attentif du psychiatre par rapport à chaque patient, un travail plein avec chaque patient, qu’il puisse réfléchir pleinement sur le cas de chaque patient, que le patient puisse à son tour trouver des conditions favorables pour se sortir de ce pétrin le plus vite. Ce qui remet en cause bien évidemment la psychiatrie actuelle, frénétique, ou les patients ainsi que les médecins sont victimes d’une cadence de traitement véritablement infernale. Déjà, le DSM IV avait tenté de limiter cette infernale exploitation par l’utilisation de la mathématisation. La mathématisation dont il était question constituait une phase par laquelle on s’intéressait deux fois plutôt qu’une au patient (constituait alors une sorte de progrès social comme pouvait dire le médecin qui a intervenu dans ce séminaire) , mais seulement pour dire exactement les mêmes choses au final, ce qui est très inquiétant. Pour cela, le DSM constitue une régression par rapport à la psychanalyse, qui n’a pas opté encore pour le traitement industriel, ou à la chaîne des patients et à l’exploitation forcenée du personnel. Freud, le médecin psychiatre, opère pour chaque patient une théorie, il y a autant de théorie chez lui que de patients, voilà pourquoi sa pensée est déconcertante. Elle ne les réduit pas à des types assimilables les uns aux autres. Mais nous nous déplaçons vers des considérations politiques et vers des revendications multiples de la part des patients et des médecins par rapport aux pouvoirs publique. Mais le même constat est sans doute observable dans d’autres secteurs d’activité, notamment à l’éducation. Mais il ne faudrait pas prendre la non-psychiatrie pour une théorie qui se résoudrait finalement à demander des moyens supplémentaires (bien que manifestement dans les institutions publiques la psychiatrie nécessiterait avec certitude des moyens supplémentaires (à déterminer à chaque fois)). Il ne s’agit pas de cela. Elle pourrait pointer par contre le fait que les critiques de la psychiatrie se contentent de monter les patients contre les médecins. Je pense que tant qu’on se contente de monter les uns contre les autres, le problème n’est pas résolu, et ne le sera pas. Il ne peut l’être une fois pour toutes, mais une fois chaque-fois : telle serait alors la devise générale de la non-psychiatrie issue de la non-philosophie.
Dernière remarque à ce propos : il n’est pas dit que le coût d’une autre politique de la psychiatrie serait alors si exorbitant. Elles coûterait certainement moins en dommages collatéraux comme aiment à dire les experts militaires.
En second lieu, nous prendons pour exemple de cette sorte d’analyse un cas de pathologie telle que répertorié par les psychiatres sous le nom de schizophrénie. Ce terme est déjà problématique en lui-même, nous allons voir pourquoi (avec la notion de coupure). Nous prendrons l’exemple de cette notion répandue dans la littérature psychiatrique, et qui a donné lieu à des polémiques tout au long du siècle dernier. Si l’on examine la manière dont est conçue la schizophrénie, alors on retrouve, de manière inévitable, une certaine conception de l’humain. Nous allons pour cela nous appuyer sur l’exemple de cette maladie, et nous verrons ce que dit en creux ce discours, c’est-à-dire aussi ce qu’il ne dit pas. Il s’agit simplement, ici, de la description médicale du trouble dissociatif reconnu comme symptôme de cette maladie.
« Il constitue le syndrome principal des malades schizophréniques dans la clinique française.
Sa première étape, la plus initiale, est la dépersonnalisation, qui consiste en un sentiment de perte de l’unité et de l’intégrité psychique et physique, un sentiment de transformation interne, de sa propre identité, que les patients rapportent parfois comme étant le sentiment de devenir fou. La dépersonnalisation n’est pas pathognomonique du syndrome dissociatif schizophrénique. En effet, c’est un symptôme assez fréquent en pathologie psychiatrique, puisque l’on peut le constater dans les crises d’angoisse aiguë, les attaques de panique, ou toute perturbation associée à une angoisse intense. Dans les schizophrénies, le syndrome de dépersonnalisation est durable et peut conduire le patient à avoir le sentiment de ne plus être lui-même, de se transformer. Ceci entraîne parfois des angoisses de morcellement corporel, d’anéantissement, très caractéristiques (sentiment que le cerveau s’écoule, que les membres changent de forme, tombent, que le sujet est possédé …
. Certains patients, au début de l’évolution de leurs troubles, peuvent ainsi vérifier des heures durant devant le miroir, ou en se palpant, leur intégrité physique.
Fréquemment associée à la dépersonnalisation, on peut constater une déréalisation. Il s’agit d’une impression de transformation de ce qui est extérieur au sujet : sentiment de modification de l’ambiance, d’étrangeté.
Ces phénomènes de dépersonnalisation-déréalisation sont rapidement repris, chez les schizophrènes en phase active de leur maladie, dans une activité délirante (à thèmes corporels, de possession, d’influence, ou de persécution émanant du contexte extérieur jugé transformé). »
« Analyse » conceptuelle proprement dite
I : un sentiment de perte de l’unité et de l’intégrité psychique et physique.
Voici le premier énoncé de cette psychiatrie de la schizophrénie concernant le syndrome de la da dissociation. Nous allons formuler d’autres énoncés proches de celui-ci et qui permettent de mieux comprendre la structuration de celui-ci.
D’abord le schizophrène peut être dit celui qui sent une perte. Ou plus précisément, celui qui dit sentir une perte de son unité et de son intégrité psychique et physique. Autrement dit quelqu’un de non schizophrène est quelqu’un qui n’a pas ce problème : il est une unité psychique et physique. Avant, le schizophrène était quelqu’un de normal, il était cette unité d’une dualité d’un corps et d’un esprit. Maintenant, il entre dans une autre phase où il est dit perdre cette unité : il est dit se dissocier. Comme si maintenant il était un corps, et un esprit dissociés. Un esprit qui ne correspondrait plus à ce corps. Ou un corps qui ne correspondrait plus à cet esprit.
Dans l’unité psychique et physique, l’un correspond avec l’autre. Dans la perte de cette unité, l’un ne correspond plus avec l’autre, le corps ne correspond plus avec l’esprit. Une première remarque est maintenant possible : ici on dispose d’une conception suivant laquelle l’homme est âme et corps. On pourrait dire, de manière un peu caricaturale, qu’il s’agit d’une position platonicienne standard, et que cette position est susceptible d’être discutée. Nous repérons ici un philosophème qui comme tel, dans la tradition philosophique rencontre de multiples variantes et interprétations, ainsi que des positions opposées. En effet, certains philosophes remettront en cause ce principe d’une hiérarchie entre l’âme et le corps ou entre somatisme et psychisme, d’autres privilégierons un prééminence de l’âme sur le corps, d’autre du corps sur l’âme, d’autres variantes sont encore possibles. En réalité , ce conflit de positions va plus loin puisqu’il débouche sur un déplacement important des concepts, âme et corps comme termes étant abandonnés pour d’autres concepts jugés plus opératoires (tout du moins dans certains autres courants). Quoiqu’il en soit, si l’on conserve ces termes, on peut voir que les positions peuvent varier, et cette variation s’opère lorsqu’on conçoit un changement ou un renversement de hiérarchie. Ainsi, dans le platonisme, ce qui a la primauté, c’est l’âme sur le corps, alors qu’avec Nietzsche on voit que c’est le corps qui a la primauté. Ce que nous cherchons ici à montrer, c’est qu’au stade où nous en sommes dans l’examen d’une description d’un trouble psychiatrique, c’est qu’il met en jeu des notions qui ne sont pas sans faire intervenir des concepts philosophiques, concepts philosophiques utilisés pour les besoins de la médecine psychiatrique. On pourrait aller bien plus loin dans cette analyse des premiers termes de la description du syndrome de dissociation, mais on préfère ici poursuivre pour montrer que cette utilisation de la conceptualité va bien plus loin que le simple emprunt de concept, puisqu’en réalité, ce qui est immédiatement utilisé, c’est la structure philosophique de penser. On montrera plus bas, qu’une autre structure de pensée est envisageable, celle qui ne décide pas du Réel.
II. Un sentiment de transformation interne, de sa propre identité, que les patients rapportent parfois comme étant le sentiment de devenir fou.
Si, plus haut on a parlé de l’intervention d’une conceptualité philosophique, ici toujours présente, il faut préciser que cette intervention va bien au-delà du concept philosophique, dans l’utilisation même d’un schème (décionnel) de pensée (à l’égard du Réel) qui s’il n’est pas exhibé, reste tout à fait inaperçu. On insiste ici sur le fait que les patients « rapportent » un « sentiment de transformation interne ». Ce sentiment de transformation interne pose un problème d’interprétation. Celui qui est dit les éprouver, qui se dit les éprouver, interprète un vécu et ce vécu, il est dit qu’il est un vécu de transformation. Ensuite, le médecin ou le soignant, rapporte le propos du patient qui dit éprouver cette transformation interne. Un problème se fait jour par rapport à la réception de tels contenus de pensée. Ce qui est sous-tendu, c’est que la transformation du patient, de la personne, de l’individu, est réelle. On en vient à enchaîner rapidement, mais trop rapidement peut-être, en disant que ce qu’éprouve réellement un patient ou un malade schizophrène est une transformation : le réel de schizophrénie est transformation. L’humain est alors considéré comme celui qui est en train de se transformer, comme celui qui est en train de devenir autre, qui le sent, et qui en fait état en le rapportant, vu que cette transformation (dite réelle) pose problème.
Or la transformation en question, est celle, problématique de son identité. Il y a un important problème à affirmer que ce qui se transforme c’est l’identité de la personne du patient. Ce problème vient de ce qu’on suppose que l’identité est susceptible de troubles, de variations, bref de transformations. Le patient schizophrène est victime une première fois d’un état inhabituel, et qu’il ressent comme douloureux. Mais ne risque-t-il pas de devenir à son tour une deuxième fois victime dans la mesure où on l’aura interprété comme celui qui perd son identité (qui peut-être en gagne une autre) ? Ce problème est de taille. Ce problème est interprété de manière philosophique lorsqu’on pensera que l’identité est susceptible de transformation. Lorsqu’on pense que l’identité ne peut se transformer du fait qu’elle (est) identité, on pensera de manière non-psychiatrique. Mais on n’aura pas résolu le problème du patient, ou notre propre problème. On se sera imposé une contrainte théorique qui consiste à penser en toute logique que l’identité ne se divise pas, et ne peut être affectée. Et peut-être alors, la tournure philosophique de pensée consistant à dire que l’identité est troublée, altérée, pourra être conçue comme une erreur de pensée, une illusion. Une identité ne reste qu’identité, et cela en toute logique. Lorsqu’on dit que l’identité diffère, comment peut-on parler d’identité ? L’identité reste, et peut-être n’a-t-elle même aucun besoin de rester du fait de son identité. Du coup, tout un travail se dessine, consistant à appréhender les philosphèmes où cette violence à l’Identité est cachée. On dira que penser avec cette contrainte axiomatique d’une identité-rien-qu’identité nous amène vers la théorie unifiée de la philosophie et de la psychiatrie. Cela entraînera, pour la théorie, un remaniement qui consiste à déduire de cet axiome, ce qu’il implique. On pourrait dire qu’il s’agit-là encore d’une philosophie, mais à la différence des philosophies, elle ne se posera plus, à l’égard du réel, comme suffisante.
Sous la thématique du devenir, on peut aborder la question de la schizophrénie, mais on le fait de manière philosophique, car on pense qu’un devenir est susceptible d’affecter l’identité. C’est le cas de la philosophie schizo-analytique, qui se voulait une psychiatrie matérialiste. Il faut alors, pour « reconnaître » un schizophrène, qu’il fasse état d’une transformation remettant en cause sa constitution présente qu’il interprète comme sa propre identité. Le schizophrène est quelqu’un qui sent qu’il devient quelqu’un d’autre et que cette transformation indispose, parce qu’elle ne semble pas programmée par lui. Qu’une identité puisse être transformée, c’est ce que toute philosophie présuppose (selon la non-philosophie). Une philosophie ne peut se constituer sans présupposer une altération de l’identité, notamment grâce ou à cause du temps. Il nous faut une non-philosophie pour que cette identité ne puisse être conçue que comme identité, sans transformation possible.
La question de l’identité du schizophrène, identité transformée, retentit dans la formulation populaire de cette affection lorsqu’on prononce le terme de double personnalité. Or, elle suppose que ce qui fait qu’un individu est un individu, son identité, est sujette à variation. Quant à savoir s’il vit vraiment une transformation de l’identité, on ne peut trancher. Que ce soit une interprétation pour dire autre chose, voilà qui doit être pointé. Lorsqu’on parle d’une telle transformation, on évoque immédiatement le vécu du schizophrène, et l’on évoque aussi le discours sur ce vécu. Quant à savoir si ce discours du vécu recouvre le vécu lui-même ou lui corresponde, c’est encore un questionnement philosophique. On pourrait plutôt faire une séparation nette entre l’identité de vécu de ce vécu et le discours de ce vécu. Dans la philosophie, on présuppose toujours une réversibilité des termes, le vécu conditionnant le discours, tantôt conditionné par le discours. On ne peut malheureusement pas non plus travailler dans toute sa complexité cette distinction. Mais on peut noter qu’elle est recouverte par l’intervention du psychiatre, qui se doit lui aussi d’interpréter ce que dit un patient et ce qu’il vit. Il va dire quelque chose de ce que dit son patient de son vécu. Nous arrivons à un processus de recouvrement de l’interprétation par une autre interprétation, si bien que le vécu est d’emblée comme refoulé deux fois de suite par un discours qui prétend valoir pour lui, être sa vérité. On pourrait envisager une psychiatrie qui ne s’embarrasse pas d’un tel mécanisme de recouvrement, pour éviter les illusions d’un discours se prenant pour le réel-de-vécu.
Nous en arrivons au terme même de schizophrénie : c’est que le réel de schizophrénie est tout de suite interprété comme scission du vécu lui-même, comme si le vécu pouvait être réellement scindé, alors que c’est ici le langage qui croit scinder le vécu. On met ici, de manière schématique une illusion propre à un discours qui se présuppose comme le réel-de l’identité, ou le réel-vécu, qui se pose lui-même comme le réel de ce dont il parle : c’est ce qu’en terme de non-philosophie nous nommons une autoposition. Le patient schizophrène, peut être également victime de cette illusion.
Il faut, à ce point de l’analyse parler de la référence que nous venons d’évoquer et qui sert de fil conducteur de cette analyse. Il s’agit d’une théorie contemporaine, la non-philosophie qu’il faut se garder tout de suite de comprendre comme une négation de la philosophie ou d’une quelconque volonté de vouloir s’en passer. Le nom de cette théorie déclenche immédiatement toutes sortes de confusions qui font qu’on la rejette ou qu’on la regarde avec inquiétude alors qu’elle peut constituer un outil pour permettre de mettre en évidence les structures de la philosophie ( des multiples philosophies), et ses invariants, qui sont des mécanismes de pensée qu’on n’essaie plus de mobiliser, mais que l’on décrit d’une manière non-philosophique. Cette théorie a été mise en place par François Laruelle, professeur de philosophie à Paris X. Il s’agit d’envisager de travailler suivant des procédures que la tradition n’a pas pu mettre en place du fait des présupposés ontologiques qu’elle mobilisait à chaque fois pour se constituer : un réel susceptible d’être mélangé.
L’importance que l’on accorde ici à la conceptualité de la psychiatrie et à son analyse plutôt qu’à sa mathématisation se justifie maintenant. C’est qu’en mettant en œuvre une mathématisation tout en travaillant avec le même dispositif conceptuel, on peut certes obtenir une amélioration de la procédure, mais quant à l’architecture sous-jacente, elle demeure intacte, bien qu’alors elle pourrait faire l’objet d’un traitement théorique. Or, si on laisse intact un tel édifice on continue de travailler comme si cet édifice était valide alors qu’il présente tous les signes de présence de philosophèmes non critiqués.
Il faut noter que le DSM IV qui se veut athéorique, n’a pas opéré la réforme de fond qu’il prétend. Il ne s’agit que d’un remaniement de concepts, avec toujours des préjugés greco-occidentaux sur l’homme, avec donc les mêmes mécanismes de forçage, sinon pires, que l’on trouve dans la psychiatrie qui la précède. Mais il faut nuancer notre propos ici. Il est bien évident qu’à de multiples égards, la brochure DSM constitue un progrès, qu’elle a été conçue dans un esprit de justice et de prévenance à l’égard des patients, qui pouvaient faire l’objet de diagnostics erronés. C’est pour prévenir ces diagnostics erronés, douteux, que cette brochure a été mise en circulation. Mais la psychiatrie a besoin d’un théorie contrairement à ce que semble prôner les tenant du DSM, ou tout du moins certains d’entre-eux..
Théories philosophiques, théories psychiatriques,
La mathématisation et la conceptualité
Vers une non-psychiatrie.
Au cours de la séance du 9 Novembre 2007*, il a été question, lors d’un exposé, de la mathématisation de la psychiatrie. Dans quelque domaine que ce soit, la mathématisation de ce domaine signifie un accroissement de la fiabilité des connaissances dont nous disposons. À un certain niveau, où la mathématisation opère, on sait que le résultat, sauf erreur de calcul, est fiable. Or on sait qu’en matière de psychiatrie, si la fiabilité de cette pratique est accrue, cela devrait se répercuter considérablement sur les usagers, les malades qui souffrent parfois considérablement, mais aussi inévitablement du côté des médecins ainsi que du personnel infirmier. Après avoir répondu à la question de savoir à quel niveau la psychiatrie se mathématise, on pourrait toutefois élargir le cadre du questionnement pour savoir s’il n’existerait pas un autre niveau d’intervention pour que cette discipline puisse trouver une fiabilité supplémentaire. En effet, la mathématisation est-elle, au final, la seule destination de ce domaine où peut-on encore espérer intervenir à un autre niveau, notamment celui des concepts de cette discipline ?
D’abord, on va montrer brièvement comment la mathématisation de la psychiatrie intervient dans ce domaine. En fait le principe de cette mathématisation est simple. La procédure qu’elle convoque fait appel à un calcul statistique. Il s’agit d’établir sur un même patient deux diagnostics opérés par deux psychiatres. Puis, et c’est là qu’intervient la mathématisation, on compare et établit le taux de concordance entre les deux diagnostics. On peut dire que plus le taux de concordance est élevé, plus le diagnostic a des chances d’être fiable, plus on peut déterminer le traitement adéquat. La mathématisation intervient après une première procédure, et elle vise à reconnaître cette procédure répétée deux fois par deux personnes différentes. C’est qu’on estime que la première procédure est susceptible d’erreur, qu’au niveau du diagnostic, nous ne sommes pas certains de repérer chez un patient les mêmes troubles d’un entretien à l’autre. La mise en relation de deux diagnostics différents vise à pallier cette faillibilité du regard des psychiatres, ce qui peut faire dire ici que la devise de cette procédure pourrait être : « deux avis valent mieux qu’un ». On peut se demander si au final, la mathématisation ne vise pas à compenser un doute fondamental quant aux résultats d’une observation que l’on ne jugera jamais, quoi qu’il en soit indubitable.
Ce qu’observe un médecin chez un patient, le « phénomène » même du patient, en quelque sorte, induit un discours, dont il n’est pas certain, si un autre examen est pratiqué par quelqu’un d’autre, que nous retrouvions le même. Soit que le médecin observe tout autre chose que ce que voit son collègue, soit qu’il ne voie pas du tout ce que l’autre a vu. Ou peut-être encore d’autres cas imprévus. Si les deux ont produit les mêmes observations, alors on peut dire que ces observations comportent un degré supplémentaire de fiabilité. On notera l’importance de la réussite d’une telle procédure dans n’importe quel examen psychiatrique, mais surtout dans ceux de la médecine légale où il s’agit de déterminer le profil de quelqu’un pour savoir s’il présente des dispositions ou non à commettre tel ou tel délit. Reste que cette procédure, l’observation (bien entendu aussi l’écoute) et la description semblent hautement faillibles (puisque le calcul statistique est convoqué), et il nous faut maintenant aller trouver dans le discours théorique ou la conceptualité de la psychiatrie, si cette faille peut être sinon résolue, au moins résorbée.
La thèse que nous voudrions soutenir ici, c’est la nécessité de revenir sur les concepts de cette discipline (mais pas seulement), et la manière dont ils sont articulés, tout en ne déniant pas l’importance ainsi que la pertinence d’autres approches, moins orientées sur la conceptualité, par exemple celle qui s’applique à mathématiser.
La psychiatrie véhicule des philosophèmes comme elle véhicule sans doute des savoirs scientifiques. Il lui faut par exemple, sans aucun doute, construire une théorie de l’observation, de la description (parfois étayée de calculs statistiques, de calculs de fréquence de symptômes, tout le domaine de la clinique). Mais comme il a été dit plus haut, plutôt que de chercher le principe d’une distinction toujours sujette à caution pour montrer quelle est la part du philosophique et quelle est la part du scientifique, nous ne ferons que citer un exemple visant à prouver, si cela devait encore se faire, de la véracité d’une telle proposition. Cet exemple, nous le prenons dans le DSM-IV, comme nous aurions pu le prendre dans n’importe quelle autre brochure de psychiatrie de quelque tradition que ce soit. Nous le prenons plus particulièrement d’une tradition qui se voulait a-théorique, de celle qui a peut-être le plus tendue (non sans raisons) à vouloir s’émanciper de la spéculation abstraite propre à illusionner les chercheurs et les médecins (critique qui visait avant tout la psychanalyse conçue comme théorie psycho-dynamique par ses adversaires).
Depuis quelques décennies, paraît régulièrement dans la psychiatrie américaine, une brochure qui tend à synthétiser tout ce que l’on sait en psychiatrie et à opérer une réforme de ce savoir. Cette brochure a pour nom DSM (Diagnostic and Statistical Manual). Dans cette brochure, on trouve une description des troubles mentaux les plus répandus. Déjà, la notion de trouble mental fait inévitablement appel à une manière de juger, ou dévaluer, don