Archives pour: Juillet 2007, 04

04.07.07

Permalink 23:48:16, par sylvain Email , 1015 mots, 338 vues   French (FR)
Catégories: Général

Deleuze et Habermas. Philo-fictions: partie II

B. AUTRE FICTION

a. un tract

« S’il fallait parler des problèmes.

S’il fallait parler des problèmes ensemble pour pouvoir décider, toujours ensemble, de la meilleure manière de les traiter, il faudrait décider d’une certaine manière de l’ordre du jour. Il faudrait ensuite prendre une décision commune pour transformer ce qu’on considère comme problématique, cela devrait se répercuter dans la société elle-même. Il y aurait, après la discussion, en principe, une transformation réelle de la société. En prenant un ton volontairement alarmiste, on pourrait dire que maintenant il est vraiment temps de s’occuper de ces problèmes, ces problèmes en effet pourrissent. On pourrait aussi se demander pourquoi les problèmes pourrissent autant, s’il n’y a pas quelqu’un pour qui le pourrissement des problèmes constitue son intérêt, mais là n’est pas (encore) la question.
Le problème, notamment, ce serait donc de décider d’un problème à traiter. De quoi on pourrait traiter ensemble. Peut-être faudrait-il produire ces problèmes, c’est à dire tenter d’esquisser dans le domaine du sens, du langage, ce qui pour nous fait problème : comme par exemple -beaucoup de choses en fait- la persistance, justement ,des problèmes, soit apparemment à chaque fois l’absence de prise de décision, les multiples atermoiements des pouvoirs politiques à prendre de vraies décisions susceptibles de nous rassurer quant à un avenir qui se présente de plus en plus comme Infernal. Aussi, quand ces mêmes pouvoirs semblent « prendre les choses en mains » comme ils disent, c’est toujours sur le mode du semblant, du montrer qu’on fait quelque chose alors qu’on ne fait rien ou qu’on aggrave la situation. Par exemple, ce pourrait aussi se demander pourquoi on lobotomise autant les gens un peu partout, pourquoi on cherche à les rendre dingues en leur assénant quotidiennement des informations qui ne leur servent à rien, des débats qui ne les concernent pas , et puis il faudrait que ça change, qu’on en parle justement avec le Système médiatique de peuple à système pourquoi ce système ne fait que refléter le pire de ce que nous pouvons et pour que cela change, que ce système médiatique change vraiment, qu’il accepte de se transformer, qu’il cesse de produire de la merde comme il fait, merde qui se répercute dans les esprits qui ensuite… Ce serait se demander pourquoi, dans les termes de Debord, pourquoi toute notre vie se transforme en un spectacle, que ce spectacle soit absolument partout, y compris à la fac où l’on est sensé étudier, ce pourrait se demander comment on peut sauver cette faculté… Mais il n’y a pas que cela, il y en a tant d’autres. Enfin, ces quelques esquisses ne sont que des manières de poser les problèmes elles-mêmes discutables, qu’il faudrait discuter ensemble pour savoir comment on pourrait les poser d’une manière non pas convenable, comme si les problèmes devaient être vêtus, mais parfaitement rigoureuse ; si une telle perfection existe… mais il y en aurait tant d’autres… Donc on parlerait de tout ça, avec la ferme résolution ensuite de trancher, de faire quelque chose dans le domaine du concret pour que cela change… Cet outil serait certainement bien utile, et il faudrait le constituer, le pratiquer à chaque fois, un peu partout. A condition qu’il se répercute et que les choses changent.
Un autre problème à ce problème : il faudrait réunir tous les interlocuteurs autour d’une table de «discussion/dissection ». Mais sommes nous vraiment prêts à accepter tous les interlocuteurs, ceux que l’on tient pour les pires cr…, pour les fascistes, pour les bourreaux, pour les canailles, les ver…, parce qu’on peut supposer que chacun a sa ver…, son bourreau, et sa canaille…

***
b. un aphorisme

Avec Habermas, on peut être d’accord sur au moins un point, quoique : il faut que la société change. Pour Habermas la société change par la mise en place de la discussion. Donc la société idéale de communication n’est qu’un terme auquel doit succéder la société réelle transformée par la discussion. On pourrait arguer ici qu’on hégélianise, et que finalement, l’histoire n’a donc pas atteint son terme comme argue aussi Fukuyama. La société procède, d’un terme l’autre.
Contre Habermas, on pourrait s’opposer aussi sur un point : il faut que la société change. On pourrait dire que ce n’est pas la société qui doit changer, puisque la société n’existe pas, c’est un mythe qu’on entretient dans la tête des gens, une simple fiction. Il en est en effet pour qui il n’y a pas de société. Et pour qui croire à la société comme au réel est une hallucination. Que la société n’est pas le réel. Ces gens-là seraient adeptes d’une réforme radicale de l’entendement, pour que cet entendement cesse de délirer et de fomenter des monstres comme la société, comme l’Etat, comme tout, comme le tout. Pourrait-on discuter avec de pareils gens qui ne pensent vraiment pas comme vous ?

***

c. autre aphorisme

« Donc, ça y’est, on y va, on discute, vous êtes prêts ? »

***
d. esquisse d’analyse

Le monde vécu. Le système. L’homme. (I)

On dirait que l’homme a deux faces distinctes. Tantôt il est tourné vers un Monde vécu, tantôt vers le système. Ou qu’alors il est une entité biface : et tourné vers le monde vécu et vers le système dans le même temps, même si dans ce même temps il observe et il vit comme réel un divorce entre ces deux expériences.

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