Quelques pensées pour moi-même et les autres.

27.06.07

Permalink 15:18:31, par Létoffé Sylvain Email , 2484 mots, 219 vues   French (FR)
Catégories: Fragments métaphysiques et agonistiques

Quelques pensées pour moi-même et les autres.

1. « Les autres ».

Ce qu’on peut qualifier, d’une manière un peu rapide, de critique des autres, trop souvent, cela n’est que poutre aux yeux. Il suffit de dire que les autres nous importunent, pour déjà se tromper. Il existe en fait une manière de se tromper en disant cela : si en le disant, on pense vraiment que ce sont « les autres » qui créent nos malaises. Il peut s’agir, d’une mauvaise identification de la cause de notre trouble, de notre tristesse. Bien souvent, c’est autre chose que « les autres » qui crée effectivement ce malaise. Par contre, croire que ce sont les autres qui créent notre malaise, peut effectivement entraîner un malaise chez ceux-ci, si l’on pense que la meilleur façon de réagir dans ce cas là, consiste à les critiquer ouvertement. Il est très rare, quand on n’y a pas un peu réfléchit, de dire les mots justes.

2. Chez eux.

Quand on entre chez quelqu’un, on peut éprouver un malaise. Ce malaise est peut-être lié à l’idée qu’on se fait de l’idée qu’il se fait de la culture, idée qui n’est peut-être pas tout à fait en accord avec la nôtre sur ce point précis. Que ce soit de la culture ou d’autre chose. En ce qui concerne « la culture », on peut désespérer de voir qu’ils ne progressent pas sur ce point, qu’ils continuent à notre avis de persister à aimer ou croire aimer des nullités sans nom, des objets de mauvaise facture. Ces objets de mauvaises factures, ce qu’ils prennent pour des œuvres d’art, ne sont que trop souvent, à notre goût, des supercheries, et le pire c’est que nous avons des amis qui admirent ces supercheries. Pourquoi nous nous sentons alors très seul.

3. Autres « causes » de conflit.
Comme pour la maison, et la « culture » qu’elle contient, nous éprouverons aussi du malaise à entendre ce qu’ils nomment leurs idées politiques, leurs idées esthétiques, leurs idées tout court.

4. Critique de soi.
Il faut sans doute passer par là pour pouvoir espérer vivre en paix avec les autres. Et il faut tant bien que mal, passer par une critique aussi sévère, aussi scrupuleuse. Mais ce que nous entendons trop souvent par sévérité à l’égard des autres, ce n’est trop souvent que mauvaise foi. Alors se critiquer soi-même consiste à se tromper soi-même, à faire preuve de mauvaise foi. Mais nous voulons vraiment la paix, alors nous ne serons plus de mauvaise foi.

5. Changer.
Si nous voulons nous critiquer c’est que nous voulons changer. Nous ne voulons plus être celui que nous étions auparavant, celui que nous croyions être auparavant. Il y a plusieurs moyens de se critiquer soi-même. Il y a donc plusieurs moyens semble-t-il de changer. Peut-être faudrait-il se dire que tous les moyens sont bons pour changer, mais c’est inspirer une idée mauvaise à celui qui l’entend, qui risque souvent de l’entendre mal… surtout s’il est professeur de philosophie. Mieux vaut donc être processeur que professeur.

@@- Note du 22/05/2007 @@

On pourrait qualifier de théorème de la poutre aux yeux celui qu’on trouve dans les évangiles concernant la paille et la poutre.
“Quoi ! Tu regardes le fétu qui est dans l’œil de ton frère, mais tu ne considères pas la poutre qui est dans le tien ?” Evangile selon Matthieu, VII, 3.
Ce « théorème », on en trouve aussi un semblable chez les japonais : si mes souvenirs sont bons, il dit qu’avant de regarder les glaçons tombant du toit de la maison de notre voisin, il faut d’abord regarder ceux qui pendent du nôtre.
Peut-être Jésus-Christ était quelqu’un de conséquent : la poutre aux yeux s’applique ultérieurement, au moment de la crucifixion. On voit un clou dans la main d’un crucifié, mais on ne considère pas le nôtre. Les spectateurs de cette scène voient, avec leur poutre dans l’œil, un crucifié, mais ne savent même pas que ce sont eux qui sont cloués à un poteau. Reste à savoir à quoi nous sommes fixés, si nous sommes fixés à quelque chose.

ELEMENTS BIBIOGRAPHIQUES

- Les Evangiles.
- Rimbaud, le bateau Ivre.
- Deleuze et Guattari, Mille Plateaux (mille plato’s ?). Plateau 7- visagéité.
- Marc Aurèle, pensées pour moi-même.

Par syl, mardi 22 mai 2007

Note du 7/07/2007

CRITIQUE (DE) SOI (Suite)
Écologie de l’esprit…Schizo-analyse, morale etc…
Non-psychiatrie.

Au caractériel.

La critique de soi est utile. Mais plus utile est la critique (de) Soi.
On doit entendre par-là une critique déterminée (en dernière instance du Moi). Non pas celle qui succombe au principe de philosophie suffisante. Principe qu’il faut lever.

I. On ne peut attendre des autres les efforts que nous ne consentons pas nous-mêmes à fournir.
II. Il est facile de voir les défauts des autres. Voir les fautes des autres. Les condamner. Les critiquer. Leur asséner quotidiennement des remontrances. Et les conséquences que cette conduite induit trop souvent : il est rare en effet que cela se passe bien. On voudrait bien que les autres cessent pour une fois de résister, qu’ils se remettent en question, en cause, mais le faisons-nous nous-mêmes ?
III. C’est le problème de l’agression dont nous attribuons trop souvent la cause aux autres, et nous les ciblons alors comme nos ennemis. Difficile est la voie pour cesser ce carnage.

A. Je ne ferai plus cela.
B. Je ne voudrais plus faire cela, mais pour le moment, la tendance est trop profondément inscrite en moi. Je critique les autres de manière effrontée. Je critique les autres, connus et inconnus. Mais cette critique, par-dessus le marché, vous font passer pour un râleur, pour un triste sire. Une canaille ou une vermine qui salit déjà l’atmosphère. Le morose habituel, le mécontent.
C. Certes vous avez de quoi être mécontent, mais de là à emmerder tout le monde, car c’est bien de cela dont il s’agit. Emmerdeur en chef voilà ce que j’étais été. Chef bien sûr, avec les velléités au commandement que cette posture implique. Il faut que cela cesse ! Je suis ferment résolu à cesser d’être, à cesser de continuer d’être cette canaille. Cela pourrait bien continuer quelques temps, mais le moins possible il le faut. Le moins longtemps possible. Je prie pour que j’arrête cette infamie. Qui a tendance à revenir au galop.

Tu veux corriger les autres. Mais tu ne veux pas te corriger toi de vouloir toujours corriger les autres sans te corriger toi-même d’abord avant que les autres.
Tu vois des fautes de goûts, des fautes de frappe, des fautes de comportement, des erreurs, mais tu ne vois pas ce qui est beau, ce qu’ils t’apprennent, ce qu’ils savent. Tu vois ce qu’ils ignorent mais tu ne vois pas ce qu’il savent. Alors tu oublies de leur demander ce qu’ils savent ; ce qu’ils savent et ce que toi tu ne sais pas. T’es vraiment un pauvre imbécile. Vois le temps que t’as perdu à t’égosiller.

Oui Mais.

- Oui mais comment pouvons-nous les reprendre ?
- Reprends toi pauvre crétin ! Crapule ! Crétine crapule !
- Oui, mais là, tu me reprends en me traitant de crapule !
- Certes, tout en me reprenant, car je sais que j’en suis une. Par contre salopard, toi tu viens de tenter de me prendre en défaut, fait bien attention…
- On se revoit une prochaine fois.
- Ciao, à la prochaine.

Tu veux changer et cesser d’être.
D’être ce salopard d’emmerdeur. Définition d’emmerdeur : celui qui salit l’ambiance, il est donc véritablement un salopard. Mais attention, cela ne veut pas dire que la critique ne doit jamais être faite. Mais observons-nous bien. Contemplons bien nous m^me. Faisons dix fois le tour de notre nombril avant de critiquer les autres, et après banzaï.
Mais l’emmerdeur peut salir une ambiance réellement dégueulasse. Il est lui-m^me pris pour un emmerdeur alors que les autres le sont. Gâche fête. Vas pas à la fête, tu va encore te faire remarquer. La fête c’est trop souvent la crasse.

Après c’est le tonnerre, c’est le jugement, c’est la foudre, ça barde fermement. Tout le monde aux abris, tout le monde prend pour son grade, il n’est pas content. Et il le fait savoir. Bande de cons, de cinglés, de j’en foutre, de négligeant, bande salopards vous mêmes. Quel Monde de chiotte !

Vous avez d’éminentes qualités, vous êtes des saints sous certains aspects, mais pourquoi c’est l’enfer ? Parce que vous êtes plus démons malfaisants que Saints. Voilà le problème.

Voilà, vous oscillez. Et à la moindre occasion de faire une saleté, c’est parti. Or, Pas moi ! M^me pas moi ! Moi pas comme vous tous, tas d’ordures ! Moi, j’ai foutu dehors le démon de la maison de mon moi. Ç’a été dur, le curetage, mais ça y’est. Subsistent quelques germes, mais bien surveillés. Je me surveille voyez-vous, d’ailleurs-là, pan, je viens d’en dessouder un…. Gare à moi.

Mauvaise foi.

Gare à moi.
Gare à mon moi !
Gare à mon moi mien !
Je m’auto-flagelle. Ouille mon moi démoniaque. Mais que ça fait du bien ce ouille !
Alors arrêtez de me battre, je le fais suffisamment moi-même, mais laissez vous battre par moi, et après auto-battez vous et puis ça cessera !

pentalogue (non-spychiatrique et pansémiotique) : Le schizophrène
Mais que bats-tu en toi ?

A. Mais que bas-tu en toi ?
B. Je bas mon moi quand il est méchant.
A. Quand est-il méchant ?
B. Quand il est méchant avec les autres.
A. Mais parfois ne faut-il pas être un peu méchant ?
B. Oui, mais méchant pour quelque chose, pas pour rien.
A. Veux-tu dire que le bon méchant est méchant pour quelque chose et que le mauvais méchant est méchant pour rien ?
B. J’irai même plus loin : que le mauvais méchant ou le faux bon est méchant quand il est gentil, qu’il fait le gentil, mais qu’il est méchant. Mais que le faux méchant est vraiment bon.
A. Reprenons : comment te bats-tu ?
B. Je traque la canaille, la vermine en moi.
C. Arrêtes, tu vas te faire du mal ?
A. Mais non, il se fait du bien t’as rien compris.
C.Oui mais alors il ne faut pas se tromper…
B. T’as raison, il faut vraiment pas s’illusionner.
A. N’aurais-tu pas besoin de quelqu’un pour t’aider ? Les autres ?
B. Mais qui ? Les prêtres, les psychologues, les psychiatres, les je ne sais-qui, les quidam ? Je suis tout ça à la fois, voilà. Je suis mon prêtre mon psychiatre, mon père, ma mère….
C. Tu serais pas un peu schizo ?
B. Et alors, je préfère être schizo que névrosé.
A. Il n’est peut-être pas tant schizo qu’il le dit, ou alors nous le sommes tous. Il applique sur lui son surmoi, il l’applique intensivement, activement.
B. Oui, mais je joue aussi avec le ça. Faut pas le négliger non plus. C’est dangereux. Faut faire les deux.
A. Tantôt le ça, tantôt le surmoi, tantôt moi, si j’ai bien compris.
B. Oui, mais je n’ai pas encore résolu un point. Après, ton toi est comme scindé en trois instances différentes. Il faudrait que l’identité de ton toi soi rien qu’identité, pas que ton toi soit à la fois mélangé en trois : çatoi, toi-toi, et surtoi. Tu vois ce que je veux dire ?
D.Les gars, je ne comprends plus rien avec votre vocabulaire freudien. Je ne suis pas psychanalyste, parlez moi autrement ou je m’en vais !
A. Tu fais quoi dans la vie ?
C. Jardinier.
B. Bon, bein ça veut dire que sur toi tu vas pas appliquer n’importe comment le roud-up critique, sinon tu vas y laisser des plumes, des feuilles….
E.Mais ç’est quoi le round-up….
A. Toi t’es quoi ?
E.Je suis militaire….
B. C’est comme le napalm, ça fait le même effet.
E.Vous êtes tarés les gars, vous voulez que je me napalme la tronche ?
B. Oui, et avec parcimonie, c’est une métaphore bien entendu. Je dis ça pour les jeunes, faites pas les cons, ne manipulez pas le napalm critique pour commencer.

Note du 8/07/2007

Le moment de la critique de soi entendu en un sens philosophique est celui de la possibilité d’un retournement de la critique sur soi, sur le soi, comme si cette opération, avec l’éventuelle violence qu’elle implique était possible.

Dans ce cas, il s’agit de se critiquer. Mais qui sera ce soit qu’on critique? Il se peut bien que ce ne soit qu’une image, voire un fantasme, un supposé moi qu’on tien pour le moi en personne. On croit avoir trouvé une entité stable, mais il ne s’agit que d’une image.

Il risque d’en être de même pour ces supposés autres.Supposés autres que nous entendons critiquer. Comme si le mouvement réel de la critique pouvait avoir pour support soi, puis les autres ou inversement.

Ce moment de la critique de soi, plutôt que de celle des autres, ou avant celle des autres, est aussi conçu comme le moment d’une avancée, une sorte de progrès de la subjectivité, dans la mesure où elle commence à neutraliser son animosité voire son aggressivité pour se montrer plus vivable.

Quant à savoir si cela est suffisant pour que cette subjectivité comme subjectivité pleine (entendons au sens d’une pleinitude) nous pouvons en douter. Doit peut surgir aussi, dans ce moment philosophique, une sorte de critique du monde et de ce qui s’y passe. En effet, que se passe-t-il dans le Monde? Pourquoi ce qui y est criticable en tant qu’actions humaines persiste-t-il? Il faut alors croire que se plaindre ou protester n’est pas suffisant.

Critique de soi. Critique des autres. Critique du monde. Nous devrons poursuivre l’enquète. L’enquête devrait également passer par la description de ces entité supposées réelles, ainsi que des diverses sortes de rapports qu’elle peuvent entrenir entre elles dans diverses configurations conceptuelles.

Commentaires, Pingbacks:

Commentaire de: clara [Visiteur] Email
j'ai beaucoup aimé et puis c vrai ce que vous aviez noté, moi des fois je critique les autres pas pour faire du mal, mais plutot car j'aime ma façon de penser, mais ce n'est qu'apres un moment que je me dis peut etre s'ils pensent comme cela, qu'ils ont un truc derriere qui les laisse penser comme cela, donc je me trouve toujours à dire je respecte, et je ne crois pas que j'ai le droit! merci .
PermalinkPermalien 30.09.07 @ 12:31

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